Accident de TGV en Alsace : les familles des victimes se sentent abandonnées

Accident de TGV en Alsace : les familles des victimes se sentent abandonnées

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TEMOIGNAGES - Trois mois après le déraillement du TGV d'essais en Alsace, qui a coûté la vie à 11 personnes, plusieurs victimes ont partagé leur sentiment d'abandon.

Aujourd'hui encore, ils se sentent oubliés. Le 14 novembre dernier, alors que la France est encore sous le choc des attentats de la vieille à Paris, le déraillement d'un TGV d'essais fait onze morts et 42 blessés en Alsace. Il s'agissait de la plus importante catastrophe ferroviaire impliquant un train à grande vitesse. Trois mois après les faits, les familles de victimes se sentent abandonnées.

Christine Dujardin, la mère de l'une des défuntes (Fanny, 25 ans) a ainsi fait part d'une cruelle interrogation, ce lundi matin, au micro d'Europe 1. "Je crois que ma fille a fait l'objet d'une expérimentation. Les premiers temps, les rames d'essai utilisaient des sacs de sable pour simuler le poids des voyageurs. Je me demande si cette fois-ci, on n'a pas utilisé des invités pour simuler le poids des voyageurs. Est-ce que ma fille n'a pas remplacé un sac de sable ?", a-t-elle interrogé. Une cinquantaine de techniciens et cheminots se trouvaient sur la rame ce jour là, pour essayer la ligne qui aurait dû relier Paris-Strasbourg en 1h48 à partir d'avril 2016.

"On se sent exclus, seuls, à l'écart"

"Elle n'aurait pas voulu entrer dans ce train si elle avait connu les risques", assure Christine Dujardin. "Elle a fait une entière confiance, elle pensait presque faire un voyage inaugural. Nous, notre famille, avons passé des moments assez cruels. Tout le corps de Fanny n'a pas été trouvé le même jour. On nous a rappelés plusieurs jours après." Trois mois après le drame, la mère de famille attend toujours les résultats de l'enquête. "Et en attendant, avec le peu qu'on a, nous grandissons. On aimerait toucher le ciel, pour Fanny, pour Marc et Laurence, pour Jérémy, Fabrice, pour les deux Alain, pour Daniel, toutes les personnes qui ne sont plus là".

Plusieurs victimes de cet accident de TGV partagent ce sentiment d'abandon. "On se sent exclus, seuls, à l'écart", admet un jeune homme, également cité par Europe 1. "On ne parle que de Brétigny, alors que le déraillement du TGV a fait plus de morts. Comme si la mort de ma sœur n'était pas prise en compte". Selon les premiers éléments, la vitesse de ce train qui est entré dans le virage de l'accident à 265km/h au lieu de 176km/h, serait en cause.

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