Aulnay-sous-Bois : un policier mis en examen pour viol, trois autres pour violences volontaires

HAUTE TENSION - Après l'interpellation musclée d'un jeune homme à Aulnay-sous-Bois, qui a provoqué des incidents dans la cité des 3000 ce samedi soir, un policier a été mis en examen pour viol, les trois autres pour violences volontaires. Ils ont chacun été suspendu de leurs fonctions, a annoncé le ministère de l'Intérieur

Après le placement en garde à vue de quatre policiers accusés de "viol en réunion" lors de l’interpellation d’un jeune homme ce jeudi soir à Aulnay-sous-Bois, une information judiciaire a été ouverte ce dimanche pour "violences volontaires en réunion". En fin de journée ce dimanche, trois policiers ont été mis en examen pour violences volontaires. Le quatrième a été mis en examen pour viol, a annoncé le parquet de Bobigny dans un communiqué.

Dans la foulée, le ministère de l'Intérieur a annoncé la suspension des quatres fonctionnaires.

L’interpellation du jeune homme, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale, montrait notamment un policier "porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses" du jeune homme, après que son "pantalon a glissé tout seul". Transporté à l'hôpital Robert Ballanger d'Aulnay, le jeune homme a quant à lui déclaré que l'un des policiers lui aurait introduit sa matraque dans l'anus. 


Dans la journée, le maire d'Aulnay-sous-Bois, s'était insurgé de la qualification des faits en "violences volontaires" , une qualification vécue selon lui comme "un détournement de vérité".

60 jours d'ITT pour le jeune homme

Les examens médicaux ont indiqué "une plaie longitudinale du canal anal" et une "section du muscle sphinctérien".  60 jours d'interruption totale de travail (ITT) ont été prescrits au jeune homme selon une source proche de l'enquête. Samedi, le jeune homme était toujours hospitalisé. Le parquet de Bobigny avait ouvert une enquête au préalable pour "viol en réunion par personnes dépositaires de l'autorité publique", confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). 

Des patrouilles de la BAC déployées dans le quartier

Samedi soir, des incidents avaient éclaté à Aulnay-sous-Bois, où l'interpellation a eu lieu. À la cité des 3.000, une voiture a ainsi été incendiée et une tentative d’incendie a été constatée sur un bus. Les incidents ont eu lieu dans le quartier de la Rose des Sables, selon une source policière.D'après une journaliste de l’AFP, des abribus ont également été cassés.


Les incidents ont débuté vers 21 heures et le calme est revenu aux environs de 23 heures alors que le quartier était plongé dans l'obscurité, les plombs de l’éclairage public ayant probablement sauté. Des patrouilles de la Brigade anti-criminalité (Bac) ont été déployées dans le quartier, où de petits groupes de jeunes s'étaient rassemblés, a-t-on par ailleurs indiqué de source proche de l'enquête.

Bruno Le Roux va recevoir la famille

 De source proche du dossier, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a  proposé de recevoir la famille de la victime dimanche place Beauvau mais cette  dernière a décliné. Il a souhaité samedi dans un communiqué "que toute  la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à  l'encontre de ces fonctionnaires", prévenant que des "sanctions" seraient  prises "s'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit  n'ont pas été scrupuleusement respectées".

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