Affaire Grégory : ce que dit l'expertise psychologique de Murielle Bolle

FAIT DIVERS - Une expertise réalisée en juillet sur Murielle Bolle accrédite la thèse de sa complicité présumée dans l'enlèvement du petit Grégory, révèle Le Figaro ce mercredi. Faux, ont répliqué ses conseils, qui envisagent par ailleurs de demander l'annulation de sa mise en examen.

Murielle Bolle, personnage incontournable de l'affaire Grégory, est-elle impliquée dans la mort de l'enfant ? C'est ce que semble accréditer une expertise psychologique, réalisée ces dernières semaines et dévoilée ce mercredi par Le Figaro. Âgée de 48 ans, Murielle Bolle a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort dans l’affaire. Depuis, elle a été libérée et assignée à résidence. Un non-sens pour ses avocats, qui ont annoncé mardi leur intention de déposer une requête en nullité. Sauf que les enquêteurs n'en entendent pas de cette oreille. Et s'appuie sur une expertise psychologique, réalisée mi-juillet durant sa détention.

Saisir n'importe quel élément pour le retourner systématiquement à chargeUn des avocats de Murielle Bolle

Selon Le Figaro, l'experte mandatée par la cour d'appel de Dijon lui a fait subir "le test de l'arbre". Le principe ? Dessiner un arbre pour révéler les traits de personnalité d'un individu et les événements qui l'ont marqué. Conclusion de l'experte : "Nous remarquons la présence d’une zone oblongue sur la surface du tronc, pouvant attester (…) d’un événement majeur, traumatique, qui serait survenu dans la vie de l’intéressée entre 13,4 et 16,2 ans." Hasard ou coïncidence, Murielle Bolle avait 15 ans lors de la mort du petit Grégory. En outre, l'experte a observé que la suspecte montre une "tendance à l'entêtement" et une "volonté de ne rien dire". Au cours des tests, l'évocation d'une toupie, d'une araignée, d'un crabe et d'un taureau couché ont amené la psychologue à mieux cerner la personnalité de Murielle Bolle, toujours selon le quotidien.

Une conclusion trop facile, estime son avocat. "Cette façon de se saisir de n'importe quel élément pour le retourner systématiquement à charge est insupportable", se serait en effet indigné Jean-Paul Teissonière. Ce dernier va déposer une requête en nullité de sa mise en examen pour enlèvement "dans le courant de la semaine prochaine". Les conseils de Murielle Bolle comptent aussi demander "l'annulation de la garde à vue des 2 et 3 novembre 1984 (lors de laquelle elle avait incriminé Bernard Laroche, ndlr) et de tous les actes qui en sont la conséquence", a précisé Me Teissonnière. Ils invoqueront également la nullité des "actes illicites réintroduits en fraude dans le dossier par le président Simon", magistrat instructeur de 1987 à 1990, a ajouté le conseil, qui envisage un pourvoi en cassation en cas de rejet.


Selon l'accusation, la jeune fille de 15 ans était bel et bien présente lors de l'enlèvement de Grégory et son revirement s'explique par des violences familiales subies à l'époque. Les époux Jacob, aujourd'hui septuagénaires, sont quant à eux soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" de l'affaire et d'avoir fomenté le rapt de l'enfant dans le cadre d'un "acte collectif".

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