Affaire Grégory : ce que Murielle Bolle et son cousin se sont dit pendant leur confrontation

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AUDITION - Trente ans après le meurtre du petit Grégory, la confrontation entre Murielle Bolle et son cousin s'est déroulée dans les locaux de la cour d'appel de Dijon. Un huis-clos de plus de trois heures pendant lequel chacun a accusé l'autre de mentir.

Murielle Bolle, ses trois avocats et son cousin, Patrick F. ont été convoqués dans le cabinet de Claire Barbier, présidente de la chambre d'instruction de Dijon, le 28 juillet dernier, raconte L'Express. Avec Le Monde et L'Est Républicain, ils ont eu accès au procès-verbal de la confrontation. 


Là, dans cette salle écrasée par la chaleur, les deux parties ont confronté leurs versions, 33 ans après le meurtre du petit Grégory. L'objectif de cette rencontre était de savoir qui des deux mentaient sur la soirée du 5 novembre 1984. 


Adolescente à l'époque des faits, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la rivière Vologne, avant de se rétracter. Son cousin affirme qu'elle a été battue le 5 novembre par sa famille et qu'il s'agit là de la raison de sa rétractation. Elle défend avoir été forcée par les gendarmes à cet aveu. Son rôle exact dans cette affaire reste trouble. Le 29 juin, elle a été mise en examen pour "enlèvement suivi de mort".

Alors que c'est-il passé le 5 novembre 1984 ?

Dans l'intimité familiale, Patrick F. raconte que sa cousine, âgée de 15 ans, a été molestée. Sa famille aurait tenté d'obtenir d'elle des rétractations après ses accusations envers Bernard Laroche, son beau-frère à l'époque des faits. 


Au début de la confrontation, Murielle Bolle nie connaître son cousin. Au fur et à mesure des anecdotes distillées par ce dernier, elle reconnaît des détails, des surnoms, etc. Mais c'est tout. Lui confirme des violences. "La première claque qu'elle a prise, c'est par sa mère. Marie-Ange [soeur de Murielle] lui a sauté dessus. [...] J'ai participé à repousser les journalistes pendant que la famille montait et elle s'est faite frapper surtout par Marie-Ange. Je l'ai vue de mes propres yeux. Sa soeur avait même une mèche de cheveux dans les mains.", peut-on lire dans L'Express


La suite du témoignage de Patrick F. est plus fragile, juge Le Monde


– Vous vous rappelez quels jours vous avez été présent au domicile de la famille Bolle à l’époque des événements ? lui demande la juge

– Tout à fait, je me rappelle quand je suis monté avec ma mère au mois de novembre 1984, en fin de journée, venant de Blamont, 17 heures… il y a trente-trois ans… Il faisait encore jour. Murielle était en train de se faire interviewer par plusieurs journalistes, c’était sur le petit chemin près de chez elle, elle était devant le grillage, mais je ne me souviens pas du jour, c’était le 5 ou le 6."


Or, le 6 novembre Murielle Bolle revenait sur ses aveux. De fait, si les violences sont intervenues après sa rétractation, elles ne peuvent avoir motivé ce changement de version, comme l'affirme son cousin.  Lui plaide la bonne foi. "C’était avant qu’elle ne se rétracte. Trente-trois ans après, je peux ne pas me rappeler de quel jour exact il s’agit."

"Il est revenu sans le petit"

Les scènes de violence n’étaient pas rares dans la famille Bolle. Plusieurs témoins ont ainsi rapporté que Murielle Bolle avait reçu des "pierres" et des "insultes" le jour des obsèques de Bernard Laroche, le 2 avril 1985, auxquelles assistait Patrick F.  

En attendant, le cousin de Murielle Bolle maintient sa version. "Elle s'est fait insulter par son père qui criait même qu'elle couchait avec Bernard [Laroche]. Il la traitait de putain, de salope." 


Patrick F. continue son récit dans le bureau de la présidene de l'instruction de Dijon. Après cet épisode de violence, l'adolescente aurait été envoyée dîner dehors en guise de punition. Sous les étoiles d'un mois de novembre, elle se serait alors confiée à son cousin.  "Elle m'a raconté qu'elle était avec Bernard et son fils, Sébastien. Que Bernard a pris le petit Grégory d'un point A à un point B. Qu'il est descendu de la voiture au point B avec le petit, qu'il est revenu sans le petit." 


– "Compte tenu de son état de santé et des ennuis que cela lui apporte, quel serait son intérêt à dire des choses fausses?", lui lance alors la juge d'instruction.

– Je ne sais pas mais il ment", réplique Murielle Bolle. Et d'ajouter : "Je suis innocente. Je n'ai pas participé à la mort de Grégory, ni Bernard non plus."  

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