Affaire Grégory : signé Murielle Bolle, le message mystérieux qui accuse "Bernard L." dans le registre d’une église

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ENQUÊTE - Un mystérieux message a été retrouvé fin mai dans le registre situé à l’entrée de l’église de Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges. Il y était écrit : "C’est bien Bernard L. qui a tué Grégory, j’étais avec lui". Signé : Murielle Bolle. Une information sur laquelle ont enquêté les gendarmes, qui auditionnent cette témoin-clé ce mercredi.

L’information n’a été révélée que ce mercredi, alors que Murielle Bolle a été placée en garde à vue dans la matinée. Pourtant, l’événement date de la fin du mois de mai. Et l’affaire dite Grégory n’avait pas encore (re)fait la une des journaux. 


Fin mai donc, une paroissienne qui donne des cours de catéchisme et qui attendait ses élèves a ouvert, pour patienter, le registre qui se trouvait à l’entrée de l’église de Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges. Dans ce carnet, type cahier d’écolier, cette fidèle lit entre deux mots : "C’est bien Bernard L. qui a tué Grégory, j’étais avec lui ". Signé : Murielle Bolle.

De l’église au bureau des enquêteurs

La professeur de catéchisme fait tout de suite le lien avec l’affaire du petit Grégory. Dès le lendemain, elle prévient l’ancien maire du village, qui apporte le cahier aux gendarmes vosgiens, selon les informations de L'Est Républicain


Et si le nom de "Laroche" n’apparait pas dans son intégralité, tout le monde sait aussitôt très bien de qui l’on parle. Ce Bernard L.,  c’est Bernard Laroche, le premier suspect de l’assassinat de Grégory qui a été abattu le 29 mars 1985 par Jean-Marie Villemin, père de l’enfant de 4 ans retrouvé mort quelques mois plus tôt dans la Vologne. 


Murielle Bolle, témoin-clé de l’affaire, est la belle-sœur de Bernard Laroche, qui a épousé sa sœur Marie-Ange. C'est cette adolescente rouquine qui, au début du mois de novembre 1984, alors qu’elle avait 15 ans, avait accusé Bernard Laroche à plusieurs reprises d’avoir enlevé le petit garçon, avant de se rétracter devant les caméras de télé. 

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Me Gérard Welzer, avocat de Marie-Ange Laroche, appelle à la prudence après les avancées dans l'enquête sur le petit Grégory

Des analyses ADN

Quand les gendarmes ont le mot sous les yeux, ils prennent, comme tout indice dans cette triste affaire, l’élément au sérieux. Ils alertent leurs homologues de la section de recherche de Dijon, qui ont relancé des investigations depuis plusieurs mois sur l’affaire Grégory.


"Ces derniers débarquent dans les Vosges. Ils interrogent l’ex-maire de Lépanges et la prof de catéchisme. Ils saisissent également le cahier. La présidente de la chambre de l’instruction de Dijon, Claire Barbier, qui ne laisse rien au hasard, saisit alors très rapidement le professeur Christian Doutremepuich de Bordeaux, une pointure en matière d’expertise génétique. Ce dernier passe au crible la page du registre où figure la phrase d’aveu. Il découvre au milieu, près de la reliure, un mélange de 6 ADN. Et parmi eux… celui de Murielle Bolle, recueilli par la justice en 2009 !", détaillent nos confrères.


Des vérifications sont faites, l’ADN de Murielle Bolle est prélevé une deuxième  fois, mercredi 14 juin, le jour même des placements en garde à vue du couple Jacob et de Ginette Villemin. "Cette fois, l’expertise donne un résultat diamétralement opposé : l’ADN découvert sur la page du cahier n’est pas celui de Murielle Bolle… Incompréhensible !", révèle L’Est Républicain.


Mauvais canular ? Coup de pression ? L’auteur du mystérieux mot n’a pas encore été démasqué. Les investigations se poursuivent. 

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