VIDÉO - Affaire Grégory : quand le juge Jean-Michel Lambert parlait en 2014 de son mal-être

DRAME - Un mois après sa relance, l'affaire Gregory a pris un nouveau tour tragique avec la mort mardi soir de Jean-Michel Lambert, premier juge chargé en 1984 d'instruire cette affaire. Alors que la poste du suicide est privilégie, difficile de ne pas se souvenir de son interview à "Libération" en 2014, où il évoquait son mal-être.

Un fiasco hors normes de l'histoire judiciaire. Mardi soir, Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort. Le corps de l'ancien magistrat, premier juge chargé en 1984 de l'affaire Grégory, a été retrouvé dans son bureau avec un sac plastique noué sur la tête à l'aide d'un foulard, selon une source proche du dossier à l'AFP. 


D'après nos informations, c'est une voisine qui, sur demande de la femme de Jean-Michel Lambert, s'est rendue à son domicile et a fait la macabre découverte. Aucune trace d’effraction ou de lutte n’a été relevée dans l'appartement de cet homme de 65 ans reconverti dans l'écriture. Le parquet a décidé d'ouvrir une enquête pour déterminer les circonstances de sa mort, même si la piste du suicide est privilégiée. 

J’avais repéré l’endroit où ça se passeraitJean-Michel Lambert

Il y a trois ans, déjà, il évoquait son mal-être. Dans un article intitulé "Jean-Michel Lambert. Jugement dernier" publié dans les colonnes de Libération en septembre 2014, Jean-Michel Lambert faisait part de ses tourments : "Pour Laroche, la culpabilité, terrible, est venue plus tard." Jamais il n'évoquera le sort judiciaire réservé à la mère de Grégory Villemin, soupçonnée d'infanticide et incarcérée en juillet 1985.  


L'ancien juge confie également dans cet entretien avoir pensé au suicide "par flashs".  "J’avais repéré l’endroit où ça se passerait. Je savais à quelle rampe de l’escalier du tribunal j’accrocherais la corde." 

Critiqué de toutes parts pour sa gestion chaotique des investigations, son décès intervient au moment même où l'enquête connaît un brutal rebondissement avec les récentes mises en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle. Une suite de l'affaire Grégory que le juge Lambert suivait au jour le jour et avec beaucoup d'attention. Contacté à plusieurs reprises par Le Parisien, Jean-Michel Lambert confiait sa conviction : pour lui, il n'y avait rien de nouveau dans l'enquête qui justifiait l'interpellation et la mise en examen des époux Jacob. "Ce n'est pas concluant, c'est parole contre parole", déclarait-il.


Me Jean-Paul Teissonnière, l’avocat de Murielle Bolle, témoin-clé de l’affaire, s’est dit "consterné" par le décès de l’ancien juge, qu’il comptait "faire citer comme témoin". Sa disparition "va au moins compliquer, et peut-être rendre impossible la recherche de la vérité", a-t-il estimé auprès de l’AFP. 

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