Affaire Maëlys : retour sur un an d'enquête complexe et tortueuse

Affaire Maëlys : retour sur un an d'enquête complexe et tortueuse

AFFAIRE MAËLYS - Voilà un an, jour pour jour, que la petite Maëlys a disparu d'une fête de mariage organisée à Pont-de-Beauvoisin, dans l'Isère. Depuis, son meurtrier a été identifié. Mais Nordahl Lelandais continue de plaider une mort involontaire, causée par une simple gifle. Les autopsies le contredisent. Retour sur une enquête complexe.

Un an après, Pont-de-Beauvoisin se souvient. A l'appel des parents de Maëlys, qui a disparu dans la nuit du 26 au 27 août 2017, la petite ville d'Isère va honorer la mémoire de la fillette à travers une marche blanche, ce lundi. A la stupeur des premiers jours, parmi les proches et les riverains, a finalement succédé la colère froide. 

Une colère entièrement dirigée vers un homme qui a si longtemps nié être à l'origine de la disparition, puis de la mort de la petite Maëlys, pas encore âgée de 9 ans à l'époque des faits. Car Nordahl Lelandais aura mis plus de six mois pour amener les enquêteurs jusqu'au corps de la fillette. Retour sur une année d'enquête aussi minutieuse que dense et complexe. 

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Premières gardes à vue

Ce devait être une nuit de joie et de célébration, ce fut finalement l'horreur et l'angoisse à son paroxysme. Le 27 août, vers 3 heures du matin, Maëlys est aperçue pour la toute dernière fois à un mariage où l'avaient emmenée ses parents, organisé dans la salle des fêtes du village. Une fois sa disparition remarquée, les recherches se poursuivent toute la nuit sans interruption, en vain. La police est alertée. C'est le début du cauchemar, pour la famille de la petite fille.

D'autant qu'il faut attendre le 31 août pour qu'une première garde à vue soit effective. Nordahl Lelandais, à ce moment, est déjà dans le viseur des enquêteurs, qui ne bénéficient que de très peu d'éléments sur son compte. On sait de cet homme de 34 ans qu'il s'est absenté à plusieurs reprises de la fête, à laquelle il n'avait pas été formellement invité. Qu'il a été aperçu en train de discuter avec Maëlys et que, le lendemain, il a très méticuleusement nettoyé sa voiture. Mais parmi ces détails, rien de déterminant. Aussi est-il relâché, en même temps qu'un de ses amis qui avait lui aussi été auditionné par les enquêteurs. Dehors, la vie se poursuit, et les recherches aussi. Plusieurs battues sont organisées dans les environs, auxquelles se joignent des centaines de personnes. 

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ADN et égratignures

L'étau se resserre néanmoins au mois de septembre. Une trace d'ADN est retrouvée sur un bouton du tableau de bord de l'Audi A 3 de Nordahl Lelandais. Mais ce n'est toujours pas une preuve de meurtre. Surtout, l'avocat du trentenaire avance une explication : la petite fille serait en effet entrée dans le véhicule, en compagnie d'un autre jeune garçon, afin d'apercevoir un chien gardé dans le coffre. Difficile, pourtant, d'expliquer la disparition d'un short soi-disant tâché de vin dont Nordahl Lelandais se serait débarrassé la nuit de la disparition, la découverte d'un second téléphone jamais mentionné auparavant, ainsi que les égratignures présentes sur les bras et les genoux du suspect. Lui les explique par l'entretien du framboisier dans le jardin de ses parents. Sa mère le contredit : son fils ne jardine jamais. Autant d'éléments qui se referment sur Nordahl Lelandais, pris dans une toile d'indices : au début du mois de septembre 2017, il est mis en examen pour enlèvement et placé en détention provisoire. 

En guise d'ultime coup de pression, Jennifer Clayet-Marrel et Joachim de Araujo, les parents de Maëlys, s'expriment pour la première fois devant la presse. Ils supplient le principal suspect de dire "ce qu'il sait". Deux longs mois se succèdent alors, sans qu'aucun rebondissement ne vienne apporter la vérité sur l'affaire qui bouleverse la France entière. Le 30 novembre enfin, le procureur de Grenoble confirme les informations déjà parues sur les chaînes d'information : une forme blanche a été aperçue sur le siège passager de la voiture de Nordahl Lelandais. L'image est capturée par les caméras de vidéo-surveillance. Quelques semaines plus tard, la mère de Maëlys est formelle : elle reconnaît dans cette apparition presque fantomatique les détails de la robe que sa fille portait cette nuit-là. 

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Février 2018 : coup de théâtre

La fin de l'année 2017 marque un tournant dans l'affaire Lelandais... qui n'est plus seulement l'affaire Maëlys. Car voici l'homme mis en examen pour assassinat dans un deuxième dossier, celui de la disparition du caporal Arthur Noyer, survenue quelques mois plus tôt. Les charges sont accablantes : le téléphone du suspect aurait borné aux mêmes endroits et aux mêmes instants que celui de la victime, prise en stop à la sortie d'une boîte de nuit. Émerge alors le profil d'un homme aux multiples crimes présumés. Il avouera avoir tué le caporal quelques mois plus tard. 

En attendant, dans le dossier Maëlys, le coup de théâtre tant attendu se produit en février 2018. Après d'intenses recherches, les experts scientifiques mettent la main sur un élément déterminant : une minuscule trace de sang appartenant à Maëlys est retrouvée sous le tapis de coffre de la voiture de Nordahl Lelandais. Acculé, celui-ci ne peut que passer aux aveux. Et conduire les enquêteurs jusqu'au corps de la petite fille, enterré dans le parc naturel de la Chartreuse. Il indique l'avoir tuée "involontairement" par une gifle. Une version contredite par les résultats de l'autopsie qui font état de multiples fractures au crâne de la fillette et d'une mâchoire elle aussi fracturée. 

Les investigations se poursuivent encore aujourd'hui. En attendant, l'homme originaire de Savoie est mis en examen pour la troisième fois, cette fois dans une affaire d'agression sexuelle sur une mineure de quinze ans - en l'occurrence sa cousine, qui apparaît dans une vidéo pédopornographique tournée par Lelandais. A ses multiples demandes de remise en liberté, les juges ont pour l'instant toujours opposé des refus fermes. A la mi-août, sa détention provisoire a de nouveau été renouvelée pour six mois. 

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