"On s'est moqué de nous" : la famille de Naomi Musenga dit sa colère et exige "des réponses"

AFFAIRE NAOMI - Lors d'une conférence de presse donnée ce jeudi après-midi, la famille de Naomi Musenga, décédée à l'hôpital de Strasbourg fin décembre après un appel désespéré pris à la légère par une opératrice du Samu, a demandé des réponses concrètes concernant la mort de la jeune femme.

Ils veulent savoir ce qu’il s’est réellement passé. Après plusieurs jours de polémique autour de la mort de Naomi Musenga, décédée à l'hôpital de Strasbourg fin décembre à la suite d'un appel pris à la légère par le Samu, les proches -ses parents et sa soeur- de cette jeune femme de 22 ans se sont exprimés jeudi après-midi.


Très dignes, ils ont demandé des explications, sans vouloir faire de l'opératrice du Samu un bouc-émissaire. "Que justice soit faite pour notre enfant", a notamment lancé le père, affirmant : "On s'est moqué de nous", à propos de la manière dont les services médicaux, dans leur ensemble, ont agi, avant, pendant et après la mort de sa fille.

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"Qu'est-ce qui a tué ma fille", demande la mère de Naomi.

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"L'enregistrement nous a foudroyés", souligne la mère de Naomi.

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"On s'est moqué de nous" : écoutez un extrait de l'intervention du père de Naomi

La sœur de Naomi, Louange, dit : "Au-delà du collectif, du rassemblement de personnes, il y a énormément de personnes qui nous envoient des messages pour nous soutenir. On ne peut pas répondre à tous, mais c’est touchant et cela nous permet de continuer à avancer debout et ne pas s’arrêter. Cette marche, cela nous tient à cœur, autant de personnes qui nous disent 'on a envie de marcher pour Naomi', ça, c’est énorme."

La marche blanche, organisée mercredi prochain, est "très, très importante. Tout ça c’est la masse qu’il y a derrière nous-même", dit la maman de Naomi.  "Le collectif qui s’est créé qui s’appelle Justice pour Naomi Musenga, afin que cela ne se reproduise pas, c’est l’ensemble de ces gens-là qui se sont mobilisés."

"Etouffer l’affaire, c’est une des grande questions que nous nous posons", dit le père, "parce qu’on a laissé le corps de décomposer, ce qui ne facilite pas l’autopsie, c’est une des réponses que le corps médical devrait apporter. On fait ça pour tout le monde, pourquoi c'est arrivé à Naomi ? Que ce soit la mauvaise foi ou les dysfonctionnements, c’est une faute grave."

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Découvrez un extrait de la conférence de presse de la famille. "Que justice soit faite", demande notamment le père de la victime.

La maman de Naomi se demande pourquoi personne, même au sein de l’hôpital, ne s’est interrogé sur le cas de décès de cette jeune fille de 22 ans. "Le cas de ma fille a été banalisée", dit-elle. "Il n’y a pas de clarté dans cette affaire. (...) On n’arrive pas à voir si quelqu’un a voulu étouffer l’affaire. C’est à eux de nous éclairer là-dessus, les juristes vont nous aider."

Pour eux, la responsabilité ne repose pas simplement sur les épaules de l’opératrice. "C’est un ensemble", dit le papa. "On n’est pas en train de stigmatiser toutes les personnes. Je garde un bon souvenir de mon papa quoi était dans le monde médical. Il y a eu une accumulation de dysfonctionnements, effectivement."

Bablyne Musenga : "On n’avait pas de précisions, rien. Quelqu’un nous a glissé 'il faut demander le dossier médical, demander l’enregistrement'. Nous étions laissés à la dérive totale. Comme dans un océan, vous n’arrivez pas à vous sauvez vous-même, ni à nager. C’est dur. Rien ne s’est passé. Puis on nous envoie un dossier qu’on n’arrive pas à lire. Puis un enregistrement qui nous foudroie. On a crié, il fallait retenir les tables, le mur, on a crié pour dire 'c’était ça ?'" 

Il s’est passé trois mois entre le décès et l’enregistrement de l’échange, explique à son tour Louange Musenga, la sœur de Naomi : "Au début on était dans l’attente par rapport à l’autopsie, et on était obligé d’appeler régulièrement, toutes les semaines, pour demander quand aurait lieu l’autopsie. On insistait. Ils nous disaient qu’ils faisaient d’autres recherches, d’attendre. On a attendu presque deux mois pour l’autopsie, on était dans l’attente. Des amis nous demandaient ce qu’avait eu Naomi, on ne pouvait pas répondre. On a dû rappeler pour demander si c’est bon, on a une réponse, on nous a dit qu’il n’y a pas grand-chose à nous dire, que toutes ses cellules étaient déjà désintégrées. On nous a reçu, on a vu un docteur, le même qui nous a dit qu’elle était décédé, et dit 'on ne peut pas vous répondre'"

Le papa de Naomi Polycarpe Musenga pose des questions : "Pourquoi on n’a pas répondu à son appel ? Pourquoi l’autopsie n’a pas été faite à temps ? Pourquoi on a laissé le corps comme ça ? On ne l’a pas fait descendre au frigo dans la chambre mortuaire, tout ça ce sont des questions, qui ont rendu l’autopsie difficile. Si Naomi ma fille avait été prise en charge à temps, est-ce qu’elle ne pouvait pas avoir une chance de vivre ? Ce sont des questions qui trottinent dans notre tête aujourd’hui, mais je pense qu’aujourd’hui justice sera faite pour Naomi."

La maman de Naomi Bablyne Musenga poursuit : "On attend aujourd’hui que justice soit faite. Qu’est-ce qui a tué ma fille ? Il n’y a pas de réponse à ça. Oui, il faut accepter la fatalité, je veux bien. Mais pour elle, il n’y a pas de fatalité, il y a quelque chose. On veut avoir des réponses. Pourquoi ? Qui est cette dame ? Qui est cette première femme, qui avait l’alerte, qui ne l’a pas bien passé chez l’autre ? Cette autre là non plus n’a pas fait attention. Je veux ces noms-là, je veux savoir pourquoi elle a fait ça."


"Est-ce qu’elle avait quelque chose contre ma fille, pour la laisser au bord de la route  ? Si elle ne pouvait pas être une Samaritaine, il aurait au moins fallu qu'elle soit une secouriste. Pour moi, toute cette vague de réponses n’a pas été donné. Surtout, pour moi, c’est une institution qui devait me répondre de ça. C’est quelque chose qui nous tient à cœur, qu’on nous donne les explications"

La maman de Naomi Bablyne Musenga poursuit : "Notre ressenti à ce jour et pendant toute l’affaire, c’est que les médias et les réseaux, c’est comme si une main nous avait été tendue, et cela nous a aidé de savoir que nous ne sommes pas seuls. On était un peu dans les vagues, mais au moins ça nous fait un grand soulagement de savoir qu’on va porter quelque chose qui est juste. Un peu de soulagement."

Le père de Naomi Polycarpe Musenga commence : "Tout d’abord, on voudrait par ce biais vous remercier, ainsi que le public, la presse, les réseaux sociaux, parce que sans votre intervention cette histoire qui était pour nous sans... comme on voyait qu'on n'était pas entendus, par le service compétent qui avait pris en charge ma fille, cette histoire ne pouvait pas être connue. Vraiment, nous vous remercions sincèrement." 


"Quelles sont nos émotions ? On a été choqués, très choqués, par le départ inopiné de notre enfant. C’était le premier choc. Après avoir réceptionné cette cassette, trois jours après, quand j’ai eu le courage de l’écouter, encore une fois très choqué, la colère, et puis... autre chose..."

L'avocat présente la famille Musenga, les deux parents, Polycarpe et Bablyne, et une des soeurs de Naomi, Louange. "La conférence de presse est donnée à votre demande", rappelle l'avocat aux médias, "pour répondre à vos nombreuses demandes. La famille vous dira ce qu'elle souhaite de cette enquête, son ressenti (...) C'est un exercice délicat pour les personnes qui ne sont pas habituées, je vous demanderais de faire preuve de patience et d'humanité." 

Les parents arrivent et s'installent pour prendre la parole, accompagnés de leur avocat, Me Aachour.

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Bonjour à tous, nous allons suivre par ici la conférence de presse des parents et de la soeur de Naomi Musenga, décédée fin décembre à l'hôpital de Strasbourg, après un appel pris à la légère par le Samu.


Hier mercredi, les avocats de la famille se sont déjà exprimés et ont indiqué que "la famille ne souhaitait pas qu'on charge uniquement l'opératrice".


Ce jeudi, la famille, qui s'exprimera à 17 h 30 du cabinet d'avocats à Strasbourg, va sans doute demander des réponses concernant la mort de cette jeune femme. Une plainte contre X a été déposée en ce sens.

La famille a également aussi remercié tous ceux qui leur ont envoyé des messages de soutien et confirmé l'organisation d'une marche blanche la semaine prochaine.

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Mort de Naomi Musenga

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