Affaire Omar Raddad : l’ADN retrouvé sur trois scellés n’est pas celui du jardinier

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JUSTICE - Les empreintes génétiques retrouvées sur plusieurs scellés de l’affaire Omar Raddad ne "matchent" pas avec celles du jardinier marocain, a fait savoir ce lundi le parquet de Nice. Un espoir en demi-teinte pour Omar Raddad, puisque ces empreintes ne correspondent pas non plus à celles de possibles suspects qui avaient été désignés par son avocate.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Raddad : les empreintes génétiques récemment retrouvées sur trois scellés ne "matchent" pas avec celles du jardinier marocain, condamné pour l'assassinat de Ghislaine Marchal en 1994, a fait savoir lundi 10 octobre le parquet de Nice. Problème : elles ne correspondent pas non plus à celles de possibles suspects qui avait été désignés par l'avocate du jardinier, Sylvie Noachovitch. A savoir des proches de la femme de ménage de la victime, un temps soupçonnée dans le cadre de cette affaire. Autrement dit, la route pour élucider ce crime semble encore longue...

Dans l'attente de nouvelles comparaisons

Un espoir toutefois : la comparaison de ces traces, retrouvées sur deux portes et un chevron, n'a pas encore été faite avec le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), permettant de déterminer une éventuelle correspondance avec une personne répertoriée dans ce fichier, a précisé le procureur de Nice. "On va aller au bout du possible" dans cette procédure, a assuré Jean-Michel Prêtre. 


Une attente qui ne convient pas Me Noachovitch, jointe par LCI : "Je m'aperçois que la comparaison n'a toujours pas été effectuée. Cela fait un an que nous attendons ce résultat." L'avocate a d'ailleurs une autre carte dans sa manche : "Nous avons d'autres personnes suspectes et j'espère que cette comparaison va être effectuée dans les meilleurs délais."

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"Omar m’a tuer"

S'appuyant sur la loi du 20 juin 2014 visant à assouplir les critères pour obtenir la révision d'un procès, Me Noachovitch avait obtenu de la part du parquet de Nice que soient ordonnés de nouveaux prélèvements sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène de crime. C'est sur ces deux portes qu'avaient été écrites les inscriptions "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" avec le sang de la victime.


En novembre 2015, grâce aux avancées scientifiques, quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes, deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement, avaient été retrouvées sur ces scellés.

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Grâce partielle de Chirac

Certains de ces ADN se mélangent avec ceux de Ghislaine Marchal, la victime. Cependant, a rappelé ce lundi le parquet, le fait que de l’ADN ait pu être mélangé à celui de la victime n’indique pas que cela ait été nécessairement concomitant. Il est possible qu’une empreinte, lors d’une manipulation ultérieure, ait pu être ajoutée à celle de la victime.


Ghislaine Marchal, une riche veuve de 65 ans vivant à Mougins (Alpes-Maritimes), avait été tuée à coups de couteau le 23 juin 1991 dans sa propriété. Son jardinier, Omar Raddad, avait été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle, avant de bénéficier d’une libération conditionnelle en 1998 suite à une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac.


D'autres traces ADN ne correspondant par à celles d'Omar Raddad avaient déjà été retrouvées sur le lieu du crime, mais la justice lui avait refusé en 2002 un nouveau procès. Depuis, l'homme n'a eu de cesse de se battre pour être blanchi dans cette histoire. Jusqu'à présent en vain.

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