Affaire Sarah Halimi : l'expert psychiatre conclut à l'altération du discernement du suspect, quelle conséquence ?

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"BOUFFÉE DÉLIRANTE" - L'expert psychiatre chargé du cas de Kobili Traoré, mis en examen pour l'homicide volontaire de Sarah Halimi le 4 avril 2017, a conclu que le discernement de ce dernier était altéré au moment du passage à l'acte, a appris LCI. Cela n’empêcherait cependant pas forcément un procès aux assises.

Le discernement de Kobili Traoré était altéré. C'est la conclusion à laquelle est parvenue l'expert psychiatre chargé d'examiner l'individu poursuivi pour l'homicide volontaire de Sarah Halimi, le 4 avril 2017 dans le 20e arrondissement de Paris, a appris LCI, confirmant une information du Figaro. Altérée et non pas "abolie", a rapidement précisé le parquet. En d'autres termes,  cette conclusion de l'expert n'empêchera pas le jeune homme d'être exposé à une sanction pénale et permettra de l'envoyer devant une Cour d'assises.


Selon les informations du Figaro, l'expert psychiatre a estimé que Kobili Traoré avait agi sous l'influence d'une "bouffée délirante aigüe", le tout étant aggravé par une consommation "massive" de cannabis. L'expert se montre ainsi catégorique sur l'aspect "pathologique" des actes du jeune homme de 27 ans, tout en introduisant une nuance. Sa consommation de cannabis le rend en effet "partiellement responsable". 

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Sarah Halimi a-t-elle été tuée parce qu'elle était juive ? clean

Pour mémoire, Kobili Traoré s'était introduit dans l'appartement de Sarah Halimi, juive orthodoxe de 66 ans habitant dans le quartier de Belleville. Il l'avait ensuite rouée de coups, en même temps que, selon des témoins, il criait "Allahou Akbar" et récitait des versets du Coran, avant de la défenestrer. Interpellé, il avait hurlé : "J'ai tué le Sheitan", soit le diable en arabe. Un déroulement des faits qui a amené l'expert psychiatre à privilégier la thèse du délire.


Suite à ce fait divers sordide, la communauté juive s'était mobilisée pour réclamer la qualification d'"antisémite", ce à quoi la justice s'est pour l'instant refusé. Le jour de l'hommage aux martyrs du Vel' d'Hiv, devant Benyamin Netanyahu, Emmanuel Macron avait lui-même demandé à ce que le caractère antisémite du meurtre soit retenu.

Kobili Traoré est actuellement détenu à la maison d'arrêt de Fresnes, depuis le 11 juillet dernier.

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