Affaire Seznec : fouilles arrêtées et prudence après la découverte de nouveaux ossements

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ENQUÊTE - Après l'annonce retentissante de la découverte d'os dans l'ancienne maison des Seznec à Morlais (Finistère), semblant relancer ce fait divers datant de 1923, ce fut un peu la douche lorsque l'on a appris qu'il s'agissait dos de bovidés. Pourtant, ce samedi 3 mars, les fouilles ont repris pour une dernière journée, qui a débouché sur de nouvelles découverte.

Pas d'emballement, évidemment. Quelques jours après l'annonce que les os découverts dans l'ancienne maison des Seznec, du nom de Guillaume Seznec, condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, étaient finalement ceux d'un ou plusieurs bovins, les fouilles privées ont pris fin ce samedi. Avec la découverte d'une quinzaine de nouveaux fragments d'os, mais dont l'origine reste à déterminer. Prudence, donc, pour cette dizaine de bénévoles qui avaient commencé à creuser dès 9 heures dans l'espoir d'y retrouver le corps de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, disparu en 1923.


Après dix heures de fouilles, une quinzaine de fragments d'os ont été récupérés dont certains étaient calcinés, a indiqué Bertrand Vilain, l'une des personnes à l’initiative des recherches privées et l'auteur d'un livre sur l'affaire. Parmi les bouts d'os découverts, deux ont été expertisés par un anthropologue via des photos qui lui ont été envoyées. Ce dernier a estimé que "leur origine était bovine". Un inventaire de l'ensemble des os et objets retrouvés tels que des outils vont être transmis au procureur de Brest, a précise M. Vilain.

Pour l'instant, le mystère de l'affaire Seznec reste donc entier.

Sans preuve et sans aveux, Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture. Mais le corps du conseiller général n'a jamais été retrouvé. Les fouilles entreprises dans l'ancienne demeure des Seznec étaient motivées par la révélation, dans un ouvrage de Denis Langlois, paru en 2015, l'un des anciens avocats de la famille, du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il aurait été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.

En ce jour ensoleillé de mai 1923, "Petit-Guillaume" raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain "Pierre", puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. "Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête", racontait-t-il, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois dans "Pour en finir avec l'affaire Seznec". Pour Bertrand Vilain, "le but était de vérifier le témoignage de Petit-Guillaume. On n'a pas retrouvé le squelette de Quémeneur mais cela ne veut pas dire que le témoignage est faux", a-t-il déclaré à l'issue des fouilles. "Il a surement vu Quémeneur décédé mais il n'a pas été enterré à cet endroit-là".


Pour l'instant, le mystère de l'affaire Seznec reste donc entier.

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