Affaire Troadec : "Pendant son interrogatoire, Hubert Caouissin a éclaté plusieurs fois en sanglots"

FAIT DIVERS - Pour la première fois depuis sa mise en examen le 6 mars 2017 pour "assassinats" et "atteinte à l'intégralité d'un cadavre", Hubert Caouissin, assassin présumé de la famille Troadec, a été interrogé jeudi par les juges d'instruction chargés du dossier. Selon l'un de ses avocats, Me Thierry Fillion, joint par LCI, le quadragénaire incarcéré depuis un mois a livré de nombreux détails sur la nuit du 16 au 17 février à Orvault mais a également éclaté en sanglots à plusieurs reprises au cours de ses déclarations.

Sur le fond, sa version n'a pas changé. Oui c'est bien lui qui a tué Pascal (49 ans), Brigitte (49 ans), Sébastien (21 ans) et Charlotte (18 ans) dans la nuit du 16 au 17 février 2017 à Orvault (Loire-Atlantique) mais non, son acte n'était pas prémédité. 


Pendant plus de six heures jeudi, Hubert Caouissin, assassin présumé de la famille Troadec, a été entendu par les juges d'instruction. "Les magistrats ont décidé de procéder par thèmes. Pour ce premier interrogatoire depuis la mise en examen de monsieur Caouissin, que je défends aux côtés de Patrick Larvor, il était exclusivement question de la nuit d'Orvault, sur le plan factuel. Le reste n'a pas été abordé. Pendant 5 heures, il a raconté le déroulé de la nuit, puis il a été interrogé pendant une heure environ", indique Me Thierry Fillion, avocat du suspect, joint par LCI.  


Hubert Caouissin, beau-frère de Pascal et Brigitte Troadec et oncle de leurs deux enfants, a ainsi répété qu'il s'était rendu à Orvault le 16 au soir avec un stéthoscope pour écouter aux portes, puis qu'il était entré dans le pavillon pour chercher "une clé ou des documents." Surpris par le bruit, Pascal Troadec, déjà couché, serait alors descendu avec un pied-de-biche. Une bagarre aurait ensuite éclaté entre les deux hommes, le pied-de-biche serait tombé au sol. Hubert Caouissin aurait saisi l'outil puis frappé successivement le père de famille, sa femme et leurs deux enfants avant de nettoyer les lieux et de quitter le pavillon. "Selon sa version, il fallait qu'il s'en sorte. Une fois qu'il avait commencé, il ne pouvait plus s'arrêter", précise Me Fillion.

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Disparus d’Orvault : l'ex-beau-frère de Pascal Troadec passe aux aveux

"Il est sous le choc de ce qu'il a fait"Me Fillion

Dans une conférence de presse, le 6 mars, au lendemain de l'interpellation d'Hubert Caouissin, Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, avait donné de nombreux éléments quant aux déclarations du suspect pendant sa garde à vue. Encore une fois, ce dernier a été très précis dans ses dires. "Il parle énormément, il raconte en détail tout ce qu'il s'est passé. On a vraiment l'impression qu'il raconte tout comme s'il revivait cela, souligne Me Fillion. Et il conteste toujours fermement être venu là pour tuer qui que ce soit". 


D'ailleurs, selon le conseil du suspect, Hubert Caouissin "est sous le choc de ce qu'il a fait". "Plusieurs fois au cours de son interrogatoire, Hubert Caouissin a éclaté en sanglots. Il se remémore les images, il revoit ses gestes et leurs conséquences", ajoute-t-il. 

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Affaire Troadec : l'intégralité de la conférence de presse du procureur de Nantes

Des "menaces" et "des lettres"

Depuis le 6 mars 2017, Hubert Caouissin est, comme Lydie Troadec sa compagne (mise en examen pour "modification de l'état des lieux d'un crime et recel de cadavres"), incarcéré à la maison d'arrêt de Nantes. "Il est totalement isolé, pour le protéger à la maison d'arrêt car il y a des menaces, fait savoir Me Fillion. Plusieurs codétenus lui ont dit, en criant dans l'enceinte de la prison, qu'ils allaient lui faire la peau". 


Outre ses menaces, le suspect a également reçu beaucoup de lettres depuis son placement en détention. "Si le suspect n'a bénéficié d'aucun parloir à ce jour, il a reçu beaucoup de courriers, en revanche" indique Presse Océan ce vendredi, précisant qu'Hubert Caouissin aurait ainsi reçu "une bonne soixantaine de lettres signées d'avocats, parisiens notamment, qui lui proposaient leur service". "Mon client a effectivement été approché par de nombreux avocats. C'est assez classique je crois quand il y a des affaires très médiatisées,  confirme à LCI Me Fillion. Je ne lui ai jamais écrit pour le défendre, je n'ai jamais fait cela en 30 ans de carrière mais certains le font". 


Ce vendredi matin, Lydie Troadec était à son tour entendue par les juges d'instruction. Agée de 47 ans, mère d'un petit garçon âgé de huit ans, Lydie Troadec a indiqué n'avoir pas été présente la nuit des assassinats à Orvault, précisant qu'elle se trouvait elle dans la ferme du couple à Pont-de-Buis. Son ADN n'a d'ailleurs pas été relevé sur les lieux du crime. En compagnie d'Hubert Caouissin, elle ne se serait rendue près du pavillon que le 17 février après le drame, mais serait restée à l'extérieur. C'est elle qui aurait conduit l'Audi A4 lui appartenant, tandis que son compagnon serait reparti au volant de la Peugeot 308 de Sébastien Troadec dans le coffre de laquelle se  trouvaient, priori, les corps des quatre victimes

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