Agression antisémite de Créteil : l'avocate d'un des mis en examen dénonce "l'instrumentalisation de la justice"

Agression antisémite de Créteil : l'avocate d'un des mis en examen dénonce "l'instrumentalisation de la justice"

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FAITS DIVERS – Trois hommes, âgés de 18 à 20 ans et originaires de Créteil, ont été mis en examen mercredi pour "vol avec arme", "séquestration", "viol en réunion" et "violences en raison de l'appartenance religieuse" après deux agressions survenues dans la commune du Val-de-Marne. Maître Marie Dosé, qui défend l'un des agresseurs présumés, s'étonne auprès de metronews de "l'emballement suscité par cette affaire".

Le timing l'interpelle. L'avocate qui défend l'un des jeunes soupçonnés d'avoir agressé lundi un couple de confession juive à Créteil (Val-de-Marne) s'étonne encore de la diligence avec laquelle le gouvernement a réagi, ainsi que des termes utilisés par plusieurs de ses membres.

"Les victimes ont dès lundi dans leur plainte, puis dans les médias, dénoncé le caractère antisémite des faits. Mais je ne comprends pas très bien comment le ministre de l’Intérieur, puis le Premier ministre et le président de la République, peuvent eux aussi évoquer l'appartenance religieuse alors même qu'il n"ont pas accès au dossier", souligne maître Dosé, contactée jeudi par metronews.

"Il y a eu un emballement"

Mercredi, vers 15 heures, le parquet de Créteil a en effet publié un communiqué indiquant qu'il avait ouvert une information judiciaire pour deux agressions survenues dans la ville, les 10 novembre et 1er décembre, présentant "des similitudes objectives". Énonçant les chefs d'accusation retenus à l'encontre de trois individus, le parquet précisait que ces derniers étaient déférés devant le juge d'instruction.

"Avant 9 heures du matin (8 h 47 précisément ndlr), soit dix heures avant la communication du parquet, Monsieur Cazeneuve envoyait un communiqué pour dénoncer cette agression 'dont le caractère antisémite semble avéré'. Comment le ministre de l’Intérieur, qui n'a pas accès au dossier, peut-il dire cela ?", s"interroge l'avocate. Comment peut-il le faire alors que le d'instruction n'est pas encore saisi ?" Et d'ajouter : " Il y a eu un emballement. Tout cela ne veut pas dire grand chose, si ce n'est que l'on exploite un fait divers. C'est bien dommage d'instrumentaliser la justice et de jouer sur l'indépendance du magistrat instructeur."

"Présomption d'innocence"

L'avocate rappelle qu'à ce stade, "des personnes ont été mises en examen" et qu'elles sont "présumées innocentes". "L'instruction commence. Alors, Arrêtons de dire tout et n'importe quoi. Ou alors que l'on me dise, 'oui j'ai eu le dossier sous les yeux, oui j'ai enfreint la règle du secret de l'instruction', insiste Me Dosé. Si l'infraction était avérée, pourquoi ne juge-t-on pas alors ces trois hommes aujourd'hui ? Si le caractère antisémite est bien là, pourquoi les met-on en examen ? Qu'ils comparaissent tout de suite...".

Mercredi à la mi-journée déjà, le président de la communauté juive de Créteil, Albert Elharrar, avait indiqué sur France3 qu'il ne fallait pas qualifier ces faits de "proprement antisémites", mais qu'il s'agissait avant-tout d'une agression "crapuleuse". Contacté à plusieurs reprises ce jeudi à ce sujet, le parquet de Créteil n'a pas répondu à nos appels.

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