Agressions de surveillants à la prison d'Osny : trois détenus en garde à vue

FAITS DIVERS
PRISON - La sous-direction antiterroriste questionnait ce mardi trois détenus de la maison d'arrêt d'Osny, dans le Val d'Oise, placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'agression de deux surveillants pénitentiaires.

Trois détenus de la maison d'arrêt d'Osny dans le Val-d'Oise ont été placés en garde à vue ce mardi. Ils sont entendus par les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, dans le cadre de l'enquête sur la violente agression de deux surveillants pénitentiaires par un détenu radicalisé, ce dimanche. Les policiers veulent notamment savoir s'ils avaient une éventuelle connaissance d'un projet d'agression, rapporte une source proche du dossier.

Le détenu a agressé le surveillant au départ d'une promenade

Les faits sont survenus dimanche 4 août, au moment du départ en promenade. L'agresseur présumé, détenu dans l'unité de prévention de la radicalisation, a blessé deux surveillants avec un couteau artisanal, un morceau de métal de 15 cm fixé sur un manch. Sa garde à vue se poursuivait ce mardi après-midi dans le cadre de l'enquête ouverte pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste". Il avait été condamné il y a quelques mois dans une affaire de départ vers la Syrie.


Selon le délégué régional FO Jérôme Nobécourt, le détenu, "arrivé depuis environ trois mois dans l'unité" et qui ne posait "pas de problème particulier", a reconnu devant les policiers avoir prémédité son acte. "Lors du départ en promenade, le détenu a agressé avec une arme artisanale le surveillant venu le chercher", selon un communiqué du ministère de la Justice. Un collègue venu à son secours a lui aussi été blessé au bras. Les deux surveillants sont hors de danger.

Le cou traversé d'un poinçonJérôme Nobécourt, délégué FO



Les faits se sont déroulés alors que d'autres détenus étaient présents et sans qu'ils ne prennent "part à l'action violente", avait précisé la Chancellerie.  Le surveillant le plus grièvement blessé a eu le "cou traversé de part en part par une espèce de poinçon de 15 cm", selon Jérôme Nobécourt. Alors que l'agent prenait la fuite, le détenu l'a poursuivi et frappé "par derrière, dans le cou".


Une équipe régionale d'intervention et de sécurité (ERIS) a alors été appelée en renfort. Dans l'intervalle, le détenu "dessine un coeur sur une fenêtre avec le sang des collègues et fait sa prière", d'après Jérôme Nobécourt. Puis il "fonce" en direction des renforts, "arme à la main et souriant", avant d'être maîtrisé d'une balle de caoutchouc. Le 13 juin, l'auteur du double assassinat jihadiste d'un policier et de sa femme, Larossi Abballa avait appelé "à attaquer des policiers" tout comme "des 

gardiens de prison" en revendiquant son action au nom du groupe Etat islamique dans une vidéo postée en direct.


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Il existe en France cinq quartiers dédiés au regroupement d'islamistes en prison. Ces unités de prévention de la radicalisation, très décriés par certains syndicats pénitentiaires et questionnés pour leur efficacité dans la lutte contre ce phénomène, sont répartis dans quatre établissements pénitentiaires : Fresnes dans le Val-de-Marne, Lille-Annoeullin dans le Nord, Osny dans le Val-d'Oise et Fleury-Mérogis dans l'Essonne. L'unité de prévention de radicalisation de la maison d'arrêt d'Osny accueillait 18 détenus avant l'agression, tous en cellule individuelle.

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