Agression sexuelle et violences en état d'ivresse : les deux rugbymen du Stade français seront jugés à Paris le 29 novembre

FAITS DIVERS

ENQUÊTE - Trois personnes ont déposé plainte, dans la nuit de ce samedi à dimanche contre deux joueurs du Stade Français. Elles les accusent d'agression sexuelle et de violences volontaires. Suite à une confrontation lundi après-midi, les deux joueurs ont présentés à un juge ce mardi, qui leur a notifié la date du 29 novembre 2017 pour leur procès.

Les deux rugbymen du Stade français, interpellés après une altercation à Paris dans la nuit de samedi à dimanche, seront jugés le 29 novembre 2017, a appris ce mardi LCI de source judiciaire. Le premier comparaîtra pour violences en état d'ivresse et agression sexuelle tandis que le second sera lui jugé pour violence en état d'ivresse. L'audience se tiendra à partir de 9h du matin devant la 24e chambre du tribunal correctionnel de Paris. En attendant le procès, Lyes va quitter la France pour se reposer avant de revenir pour le procès, nous a-t-il confié.

Rappel des faits. Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 juillet, les deux joueurs - Waisea Nayacalevu Vuidravuwalu, 27 ans, et Josaia Raisuqe, 23 ans -  accompagnés d’une troisième personne, auraient agressé deux femmes et un homme à la sortie d’une boîte nuit, Quai d'Austerlitz, dans le 13e arrondissement de Paris. 

 Dimanche, vers 2h50, Lyes, 23 ans, Camille, 23 ans et Jessica, 35 ans et mère de quatre enfants, se trouvent à la sortie d’un bar en train de fumer une cigarette. À ce moment-là, ils voient sortir d’une boîte de nuit trois hommes ivre. Sans raison apparente, ils se dirigent vers le groupe d’amis. "D’un coup, un des hommes a baissé son pantalon et a plaqué Jessica contre un mur tout en lui attrapant les seins", racontait dès dimanche Lyes à LCI. Le jeune homme tente alors de s’interposer pour protéger son amie mais rien n’y fait. L’homme se retourne et assène un violent coup de poing sur le côté droit du visage de Lyes.

Plaintes pour agression sexuelle et violences volontaires

Après l’agression, les trois hommes se dirigent vers un taxi garé à proximité. Lyes et son amie Camille tentent de dissuader le chauffeur de prendre les trois hommes. "Je pense qu’il a eu peur de se les mettre à dos vu leur gabarit", nous raconte Lyes. Dès lors, le jeune homme se place devant le taxi pour l’empêcher de partir pendant que Camille tente de prendre en photo la plaque d’immatriculation. "Un des trois hommes est sorti de la voiture et a frappé au visage et au cou Camille, puis il m'a frappé derrière l’oreille", nous dit-il.

Une confrontation cet après-midi

Pris de peur, le taxi renonce finalement à emmener les trois joueurs. Dès lors, la BAC s’est rendue sur place pour interpeller les trois hommes. Placés en garde à vue, ils ont ensuite été conduits en cellule de dégrisement. 

Dans la foulée, Jessica, Camille et Lyes se sont rendus au commissariat pour porter plainte contre Vuidravuwalu Waisea et Josaia Raisuqe. Selon les PV de police, que LCI a pu consulter, Jessica a porté plainte pour agression sexuelle avec circonstances aggravantes. De leur côté, Camille et Lyes ont porté plainte pour violences volontaires en état d’ivresse.

Après leur plainte, le groupe d’amis a été reçu aux UMJ (Urgences médico - judiciaires) de l’Hôtel Dieu. Lyes, dont une des dents a été légèrement cassée, a reçu trois jours d’ITT et Camille deux jours d’ITT. Jessica, elle, ne s’est pas rendue à la consultation mais devrait voir un psychiatre dans les prochains jours. 

Le Stade Français appelle à la prudence

Lundi, en début d'après-midi, une confrontation a eu lieu entre eux et les trois victimes. Lors de cette confrontation, Josaia Raisuqe "a mis en avant son fort taux d'alcoolémie ce soir-là qui a, selon lui, altéré sa mémoire", selon une source proche du dossier.

Dimanche en fin de journée, le Stade Français avait réagi à ses trois plaintes pour agression sexuelle avec circonstances aggravantes et violences volontaires en état d’ivresse dans un communiqué.

Le Stade français a indiqué cependant dimanche soir qu'il "prendra, bien évidemment, les mesures appropriées" si les faits sont avérés, condamnant "avec la plus grande fermeté toute forme de violence et en particulier les violences faites aux femmes". 

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