Aide aux migrants : fin de la garde à vue pour Cédric Herrou, son frère et une jeune militante

FAITS DIVERS

ENQUETE - La garde à vue de Cédric Herrou, l'agriculteur poursuivi à Nice pour avoir aidé des migrants, a été levée ce vendredi soir, de même que pour son frère et une jeune militante du collectif Roya Citoyenne.

"Ils viennent d'être libérés et il n'y a pas de poursuites retenues contre eux dans l'immédiat, ni convocation devant la justice", a indiqué à l'AFP Me Zia Oloumi.  Cédric Herrou avait été interpellé mercredi 18 janvier avec trois Érythréens près de la commune de Sospel. Il était soupçonné de les avoir aidés à éviter un contrôle, ce dont il s'est défendu. Les gendarmes l'avaient repéré alors qu'il était caché dans des buissons sur un chemin en retrait d'une route départementale.

Cédric Herrou a déclaré à l'AFP avoir été "bien traité" pendant sa garde à vue, mais a dénoncé "un acharnement infondé contre des actions humanitaires". "Les trois Érythréens étaient partis de chez moi et se sont perdus. Je suis parti voir à pied où ils étaient et c'est là qu'on a été interpellés", a-t-il relaté, s'exprimant pour la première fois sur les faits qui lui étaient 

reprochés. "Ils ont quand même attrapé mon frère et une amie!" s'est-il ému.

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"Une action politique"

Le frère de l'agriculteur, Morgan Herrou et Lucile Boucard, une militante du collectif d'aide aux migrants Roya Citoyenne, avaient été interpellés jeudi 19 janvier sur l'exploitation agricole de Cédric Herrou à Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), où, depuis plusieurs mois, il offre le gîte et le couvert à des migrants transitant clandestinement dans cette vallée franco-italienne. De nombreux bénévoles se relaient sur place pour recevoir et stocker des sacs de vêtements et autres dons.

"L'enquête de flagrance va se poursuivre pendant huit jours et les téléphones portables de Cédric et de son frère restent provisoirement confisqués", a précisé Me Oloumi.

 Cédric Herrou, qui revendique "une action politique", a déjà comparu le 4 janvier à Nice pour aide à l'entrée, au séjour et à la circulation d'étrangers en situation irrégulière. Le parquet a requis huit mois de prison avec sursis à son encontre et le jugement doit être rendu le 10 février.

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