ANALYSE – Attentats de Bruxelles : doit-on s’attendre à une réplique en France ?

ANALYSE – Attentats de Bruxelles : doit-on s’attendre à une réplique en France ?

TERRORISME - Quatre jours après l’arrestation du terroriste le plus recherché d’Europe, un double attentat a fait au moins 26 morts et 130 blessés à Bruxelles. Côté Français, la sécurité a été à nouveau renforcée et la crainte d’une réplique dans l’Hexagone est prise au sérieux.

Après les attentats de Bruxelles, la France élève son niveau de sécurité. Plus de 1600 policiers et militaires ont été déployés sur l’ensemble du territoire dans les trains et les transports en commun ce mardi. Les compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont été redéployées à proximité des gares et des aéroports. "On s’attend évidemment à faire face à une réplique sur le territoire français", commente auprès de metronews une source policière.

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Depuis l’arrestation de Salah Abdeslam, vendredi en fin de journée, la frontière franco-belge a fait l'objet d'une surveillance accrue. "On ne peut pas parler de fermeture de cette frontière. Mais les contrôles solides déjà en place ont été renforcés", précise auprès de metronews une source Place Beauvau. Au total, 5000 hommes ont été déployés sur toutes les frontières de l’Hexagone. Les autorités françaises redoutent de nouvelles actions sur le territoire. "Une attaque d’envergure comme celle-ci, très certainement préparée, ressemble beaucoup à une réponse à l’arrestation de Salah Abdeslam, poursuit une source policière. La France reste au cœur de la menace puisque c’est elle qui a demandé le transfert du terroriste."

Le spectre de 1995

Il faut remonter à 1995 pour retrouver une telle chronologie. Cet été-là, une vague d'attentats meurtriers secoue la France (notamment celui du RER B à Saint-Michel). Le principal suspect, Khaled Kelkal, est neutralisé dans les monts du Lyonnais. Le jour de ses obsèques, une bombe cachée dans une poubelle explose avenue d’Italie, à Paris. Et quelques jours plus tard, une explosion dans une rame du RER C, entre Musée d'Orsay et Saint-Michel, fait une trentaine de blessés.

Doit-on désormais envisager un tel scénario ? "Il faudra attendre les résultats de l'enquête pour en être certain. C’est peut-être une nouvelle équipe. Mais cela peut aussi s’agir d’individus recherchés par les autorités belges qui ont apporté un soutien logistique à Salah Abdeslam et qui ont entrepris le tout pour le tout", commente une autre source policière. Dans le cadre de l'enquête ouverte sur les attentats de Paris, au moins quatre hommes sont toujours recherchés par les Belges. 

"Et dire que les politiques se félicitaient mutuellement..."

Une chose est sûre, ce double attentat, qui survient quatre jours seulement après l’arrestation du terroriste le plus recherché d’Europe, place à nouveau les autorités franco-belges face au défi de la sécurité. "On craignait une réponse à l’arrestation de Salah Abdeslam. Il fallait s’y attendre. On sait que les jours qui suivent des arrestations importantes sont cruciaux. Et qu’il ne faut surtout pas relâcher. Et dire que les politiques belges et français se félicitaient mutuellement ce week-end…", s’agace auprès de metronews une source du renseignement.

Une autre source proche de l'enquête des attentats de Paris appelle à la prudence : "Même si tous les yeux sont tournés vers Salah Abdeslam, il ne faut pas non plus lui donner un rôle qu'il n'a pas eu. Cela reste une petite main dans l’organisation de Daech". Un enquêteur en poste dans un service de renseignement y voit de son côté une démonstration de force : "Ils nous montrent qu’ils sont encore nombreux et prêts à de nouvelles actions, que ce soit en France, en Belgique ou partout ailleurs en Europe."

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