Angers : un policier jugé pour avoir frappé un gardé à vue, trois de ses collègues écopent d'un rappel à la loi

Angers : un policier jugé pour avoir frappé un gardé à vue, trois de ses collègues écopent d'un rappel à la loi

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VIOLENCES - Un policier accusé d'avoir mis un coup de boule à un homme qui se trouvait en garde à vue va être jugé le 18 avril prochain au tribunal d'Angers. Trois de ses collègues, présents au moment des faits, ont écopé d'un rappel à la loi pour "ne pas avoir dit toute la vérité".

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 mars dernier. Tout commence par une simple intervention de police dans le quartier de La Roseraie à Angers (Maine-et-Loire). Selon une source judiciaire à LCI, confirmant une information de Ouest-France, un individu se montre particulièrement arrogant vis-à-vis des policiers de la brigade anti-criminalité et tente "de faire du bazar". Ne pouvant justifier de son identité, il est interpellé et placé en garde à vue au commissariat.


Selon nos informations, il est alors placé dans les cellules de garde à vue le temps de procéder à son contrôle d'identité. Un demi-heure plus tard, un fonctionnaire de police vient le chercher. Ce dernier assure alors avoir été insulté, ce que le jeune homme réfute. C'est là que les choses dérapent. 


"Une vidéo - issue d'une caméra de surveillance - montre qu'il y a eu un brusque face à face entre le fonctionnaire de police et le gardé à vue, assure à LCI le procureur de la République d'Angers Yves Gambert. Il lui a porté un coup de tête au visage". Malgré sa blessure, l'homme restera pourtant en garde à vue pour des faits "d'outrage" jusqu'au 20 mars à midi.

Les faits m'ont paru suffisamment étayés pour que je saisisse l'IGPNYves Gambert, procureur de la République d'Angers

Après avoir reçu cette information "au petit matin", Yves Gambert décide de procéder à un examen médical du gardé à vue et d'entendre le fonctionnaire de police. "Les faits m'ont paru suffisamment étayés pour que je saisisse l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN)." 


Quelques jours plus tard, le policier en question est placé en garde à vue et déféré au parquet où il se voit remettre une convocation et signifier son placement sous contrôle judiciaire, ce qui signifie qu'il ne peut pas entrer en contact avec la victime présumée. Selon nos informations, il devrait être jugé le 18 avril prochain au tribunal d'Angers pour "violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique".

Ils n’ont pas dit toute la vérité lors de leur première auditionYves Gambert, procureur de la République d'Angers

Toujours selon nos informations, trois autres policiers ayant assisté à la scène de violence ont été convoqués par le procureur de la République Yves Gambert et ont écopé d'un rappel à la loi. "Je ne dirais pas qu’ils ont couvert leur collègue, mais disons qu’ils n’ont pas dit toute la vérité lors de leur première audition", nous indique Yves Gambert.

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