Argenteuil : 14 ans après, ce coup de théâtre qui a permis de résoudre un "cold case"

Argenteuil : 14 ans après, ce coup de théâtre qui a permis de résoudre un "cold case"

JUSTICE - Il était porté disparu depuis le 18 septembre 2002. Coup de théâtre, toutes ces années après : les enquêteurs ont découvert que Jean Wittier pourrait avoir été sauvagement tué par son fils, qui vivait à l’époque des faits dans le pavillon familial. Ce dernier a été mis en examen.

C’est une sacrée énigme, que viennent de résoudre les enquêteurs de la sûreté urbaine d’Argenteuil. Un crime vieux de quatorze ans. Un "cold case" qui a vu le jour le 18 septembre 2002. Ce jour-là, Marie-Thérèse Wittier contacte la police : elle est sans nouvelle de son mari Jean depuis qu’il a quitté leur pavillon d’Argenteuil. Le père de famille, âgé de 73 ans, est seulement parti avec son vélo. 

Fuite volontaire, mauvaise rencontre ou chute mortelle ? Pendant plusieurs années, aucune trace de Jean Wittier, au grand dam notamment de sa fille, à l’origine de la plainte déposée pour disparition inquiétante. Mais comme l’explique ce mercredi 4 mai le Parisien , qui rapporte l’affaire, le parquet de Pontoise décide, en août dernier, de redonner une chance à ce dossier, en saisissant une nouvelle fois une équipe d’enquêteurs.

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"C’est mon fils qui a tué mon mari"

Coup de théâtre : la fille de Jean WIttier leur confie alors qu’elle pense que son frère pourrait peut-être avoir tué leur père. Le fils, qui n’avait jamais été auditionné, est alors entendu par les policiers. Lui clame son amour pour le patriarche, et assure être étranger à sa disparition. La femme de Jean, qui vit désormais en maison de retraite, est également entendue. Même discours.

Nouveau coup de théâtre, le 14 avril dernier. Les enquêteurs décident une nouvelle fois d’entendre Marie-Thérèse. Face à eux, cette dernière finit par craquer, après une heure et demi de discussion. "C’est mon fils qui a tué mon mari", leur lâche-t-elle. Une confession prise très au sérieux, la dame ne souffrant d’aucun problème de lucidité. Marie-Thérèse va jusqu’à raconter ce qu’il s’est en fait réellement passé, quatorze ans plus tôt. Selon ses dires, une dispute aurait éclaté dans la salle à manger du pavillon, entre le père et son fils. Ce dernier, âgé de 39 ans à l’époque, aurait alors frappé Jean avec un marteau. Avant de le noyer dans un seau d’eau, de le traîner dans la cave et…. De découper son corps en plusieurs morceaux. Puis de les jeter dans différents sacs poubelles.

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A la recherche de preuves matérielles

Une confession aux airs de libération pour la vieille dame, qui, pendant quatorze ans, avait tenu le silence. L’enquête révèle alors un climat familial extrêmement compliqué. A 39 ans, le fils vivait reclus dans une chambre du pavillon, le nez scotché sur son ordinateur, jour et nuit. Il avait de fréquentes violentes disputes avec ses parents. Et si sa mère avait tendance à le protéger, il n’hésitait pas à la frapper. Le jour du drame, il se serait saisit d’un marteau parce que son père aurait menacé de faire interner sa mère, selon Le Parisien.

Au regard de ces révélations, le fils Wittier a aussitôt été interpellé. Face au juge, il n’a pas pipé mot. Il a été mis en examen pour "meurtre sur ascendant", et a été placé sous contrôle judiciaire, faute de preuves matérielles à son encontre. Ce mardi 3 mai justement, les enquêteurs ont fouillé de fond en comble le pavillon d’Argenteuil, dans l’espoir d’en trouver. On ignore encore si ces recherches se sont révélées fructueuses. 

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