Argenteuil : les déclarations confuses de Reda Kriket aux enquêteurs

FAITS DIVERS
TERRORISME - Reda Kriket, soupçonné d'avoir fomenté un attentat sur le sol français, a nié tout projet terroriste. Durant ses six jours d'audition devant les enquêteurs, dévoilés ce jeudi par TF1, le suspect a déroulé un argumentaire contradictoire, voire parfois surréaliste.

Reda Kriket, 34 ans, s'est défendu d'avoir fomenté un projet d'attentat sur le sol français et d'être le propriétaire des armes retrouvées dans un appartement d'Argenteuil, selon les informations de TF1 . Entendu dans les locaux de la DGSI, jeudi 24 mars, celui qui se présente comme un simple "vendeur de bibelots" déclare d'emblée :"Je n'ai rien à voir avec les attentats de Paris et de Bruxelles." Durant ses six jours de garde à vue, Reda Kriket multipliera les versions contradictoires, explique la chaîne qui a explique avoir pris connaissance de ses dix interrogatoires.

Le suspect, mis en examen mercredi pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste,  a loué à la fin de l'été 2015 l'appartement d'Argenteuil (Val-d'Oise) où l'arsenal de guerre a été retrouvé la semaine dernière. Il jure ne pas en être le propriétaire : "On m'a donné de l'argent pour prendre l'appartement, pour une année de location. On m'a donné environ sept ou huit mille euros (...) J'étais chargé de trouver un appartement et de le garder, et aussi de garder ce qui était à l'intérieur (...) Je dormais dans cet appartement même si cela me dégoûtait avec tout ce qu'il y avait dedans, mais j'avais pas le choix car j'étais recherché par la police."

Des armes pour le "banditisme"

Après 24 heures d'audition, Réda Kriket va finir par livrer le nom du supposé commanditaire de la livraison d'armes : "Il ne parle pas bien le français, il est Maghrébin, il est Libyen, et sa kounia [son nom de guerre] est Abou Badr (...) C'est une personne d'un certain âge, plus âgée que moi, plus de cinquante ans (...) Je l'ai connu par un frère de Belgique". Mais il assure ne pas connaître sa véritable identité, ne pas savoir s'il est un cadre de l'Etat islamique, mais être certain qu'il est parti en Syrie ou en Irak. 

Il explique avoir été influence par "le charisme" de ce mystérieux interlocuteur et avoir "fait des recherches sur Internet pour du matériel en verre de chimie, de laboratoire". Interrogé à de nombreuses reprises sur les potentiels projets d'attentats, Réda Kriket, qui assure qu'"aucun explosif n'est sorti de cet appartement pour faire une action terroriste", explique que "rien n'est prévu". Selon lui, le matériel retrouvé dans l'appartement était destiné au "banditisme". Beaucoup de choses devaient servir au banditisme (...) La grande majorité des armes viennent d'un vol (...) Tout ce que je sais c'est que la poudre devait servir à faire des détonateurs. Pour le reste, je ne sais pas."

"Je préfère le modèle corse" 

Quant à son voyage en Turquie de septembre 2014 à janvier 2015, c'était pour son "ex-compagne turque" et pour s'occuper d'"un chat trouvé sur place". "Je n'ai pas combattu en Syrie, je n'ai pas le courage", ajoute-il dans ces déclarations un brin surréalistes réfutant tout lien avec des djihadistes français ou Daesh. "Les gens qui ont fait cela (au sujet des attentats du 13 novembre, ndlr) en voulaient à l'Etat français mais ils ont tué des innocents (...) Cela m'a fait réfléchir", développe-t-il. Moi j'aime bien le modèle corse, ils font sauter des choses, des grandes maisons, mais ils ne tuent pas de gens."

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