Arrestation d'un réfugié irakien en France : l'Ofpra avait fait "revérifier son dossier" par le ministère de l'Intérieur

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IMMIGRATION - Après l'arrestation le 6 mars dernier d'un réfugié politique irakien soupçonné d'être un ex-cadre du groupe Etat islamique, l'organisme en charge de l'octroi de ce statut assure demander systématiquement des vérifications supplémentaires pour les pays "où il existe un risque", dont l'Irak.

L'Etat vient de lui retirer son statut de réfugié. Arrivé en France à l'été 2016, Ahmed H. avait obtenu en juin 2017 l'asile politique auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), l'organisme en charge de l'octroi de ce statut, lui donnant ainsi une carte de résident de 10 ans, selon nos informations. 


Mais quelques semaines plus tard, Ahmed H. est identifié et suivi par les services de renseignement et signalé aux autorités judiciaires. En novembre, le parquet de Paris décide d'ouvrir une information judiciaire le concernant et le 6 mars dernier, les policiers de la DGSI (Direction général de la sécurité intérieure) l'arrêtent finalement à son domicile de Lisieux, dans le Calvados.


Il est soupçonné d’avoir été dans son pays un cadre local de Daesh et d’avoir joué un rôle important dans l’un des pires massacres perpétrés par l’organisation terroriste : la tuerie de la base militaire "Speicher" à Tikrit en juin 2014.

S'il dépose un dossier à l'Ofpra, pour toute une série de nationalités identifiées où il existe un risque, nous faisons revérifier par le ministère de l'IntérieurPascal Brice, directeur général de l'Ofpra

Mais alors Ahmed H. aurait-il du obtenir le statut de réfugié ? Sur Twitter, le député européen Nicolas Bay a dénoncé le "laxisme migratoire" du gouvernement. Le député Eric Ciotti s'est, lui, demandé combien de "cadres de la barbarie islamiste sont entrés en France comme "réfugié"". 


Le directeur de l'Ofpra Pascal Brice assure mettre en avant sa vigilance et demander systématiquement des vérifications pour les pays "où il existe un risque". "S'il dépose un dossier à l'Ofpra, pour toute une série de nationalités identifiées où il existe un risque, nous faisons revérifier par le ministère de l'Intérieur", ajoute-t-il.


L'Irak figure parmi ces pays, a indiqué M. Brice, qui n'a pas voulu donner plus de détails sur le nombre d'Etats concernés, le type de risques ou le cas particulier d'Ahmed H. "L'Ofpra a son expertise", ajoute Pascal Brice, évoquant notamment le fait que l'Office se penche sur l'origine du demandeur d'asile et son passé et fait preuve, pour les pays où il existe "un risque", d'une "vigilance renforcée".

15 réfugiés privés de leur statut en 2017

La mise en cause d'Ahmed H. par la justice pour ses liens présumés avec l'EI illustre de nouveau le fait que des djihadistes ont pu profiter de la crise migratoire pour pénétrer en Europe, une des plus grandes craintes des services de renseignement occidentaux.


Selon le ministère de l'Intérieur, 15 réfugiés ont été privés de leur statut en 2017 comme Ahmed H. en raison de menaces pour l'ordre public, contre 18 en 2016. 

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