Assassinat présumé d'une étudiante japonaise à Besançon : une enquête ouverte pour violation du secret de l'instruction

FAITS DIVERS

JUSTICE - La procureure de Besançon a annoncé qu'une enquête contre X avait été ouverte pour violation et recel de violation du secret de l'instruction dans l'affaire de l'assassinat présumé de Narumi Kurosaki, étudiante japonaise disparue début décembre.

La procureure de la République de Besançon (Doubs) n'a pas apprécié les fuites dans les médias. Mercredi, Edwige Roux-Morizot a annoncé qu'une enquête pour violation et recel de violation du secret de l'instruction avait été ouverte dans l'affaire de l'assassinat présumé d'une étudiante japonaise, disparue dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016 à Besançon, dans laquelle l'ex-petit ami chilien de la victime est le principal suspect.

"L'ouverture de cette enquête préliminaire contre X, qui fait encourir un an de prison et 15.000 euros d'amende, s'inscrit dans la volonté clairement affichée d'arrêter l'hémorragie d'informations (diffusées dans les médias) relevant du secret de l'instruction et qui nuit à l'enquête", a souligné la procureure de Besançon, Edwige Roux-Morizot, lors d'une conférence de presse.

Une enquête confiée à la police des polices?

"Celui ou celle qui a pris la responsabilité de livrer à des journalistes, qui ont accepté de le publier, des informations totalement confidentielles, a pris le risque mesuré et conscient de donner au principal suspect toutes les clefs pour organiser sa défense", faisant courir le risque de ne jamais retrouver le corps de Narumi Kurosaki, a déclaré la magistrate.

La procureure n'a pas précisé quelles informations parues dans les médias étaient visées. Elle envisage de confier cette enquête à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à un service généraliste, peut-être de gendarmerie.

Les recherches se poursuivent

Narumi Kurosaki, 21 ans, a disparu dans la nuit du 4 au 5 décembre après avoir dîné au restaurant avec son ex-petit ami. Tous deux étaient ensuite rentrés dans la résidence du CROUS de Besançon où elle résidait. Des étudiants du campus ont affirmé avoir entendu un cri ce soir-là provenant de la chambre de la jeune femme. L'étudiante était arrivée dans cette ville fin août pour étudier le français et l'économie-gestion. Son corps reste introuvable, mais  les enquêteurs de la police judiciaire et la justice française sont convaincus que la jeune femme a été tuée.

Les recherches se poursuivent en Franche-Comté, "partout où nous pouvons penser que le corps puisse se trouver", a précisé la procureure. Une information judiciaire pour assassinat a été ouverte et confiée à deux juges d'instruction.

Son ancien petit ami chilien, un professeur-assistant de 26 ans qui serait depuis rentré dans son pays, est le principal suspect. Un mandat d'arrêt international et une demande d'extradition délivrés à son encontre "sont en cours d'acheminement" vers le Chili, a dit Edwige Roux-Morizot. "Il faut transmettre, traduire, prévoir ce qui pourra être demandé par la justice chilienne. Cela prend le temps nécessaire", a-t-elle ajouté, soulignant que "l'extradition par ce pays de ses nationaux est possible".

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