Assaut à Saint-Denis : "J'ai d'abord cru à un règlement de comptes"

Assaut à Saint-Denis : "J'ai d'abord cru à un règlement de comptes"

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TÉMOIGNAGE - Jamila habite à deux pas du lieu de l'assaut qui se tient depuis mercredi matin. Elle était dans la rue quand les premières détonations ont résonné dans le centre-ville.

"Les événements de Paris résonnent en nous, on ne croit plus aux pétards". Il est près de 4h15 mercredi matin à Saint-Denis quand Jamila sort de chez elle, près de la basilique. Une forte détonation se fait entendre. A deux pas de là, les forces de l'ordre viennent de donner l'assaut sur un appartement où seraient retranchés des suspects en lien avec les attentats du 13 novembre.

EN SAVOIR + >> Que sait-on de l'assaut en cours à Saint-Denis ?

"J'ai cru à un règlement de comptes"

A 4h15 du matin, Jamila et ses deux filles grimpent dans la voiture familiale. Une de ses deux filles doit prendre l'avion pour le Maroc à Roissy. "J'ai d'abord cru à un règlement de comptes, une histoire de drogue", explique-t-elle. C'est sur la route du retour qu'elle comprend. "Il y avait des véhicules de secours et surtout beaucoup, beaucoup de forces de l'ordre", raconte la mère de famille, "j'ai fait le rapprochement".

Des proches, des amis de son fils, élève en terminale, habitent juste à côté du lieu de l'assaut, où une femme a actionné sa ceinture d'explosifs dans la matinée. Elle est décédée et selon nos informations, un autre terroriste aurait été tué par un sniper. Par ailleurs, cinq policiers seraient blessés. Mais Jamila refuse de céder à la peur : "j'ai grandi ici, scande-t-elle avec fierté. J'ai perdu mes dents de lait à Saint-Denis, je me suis marié dans cette mairie", raconte-t-elle. "Ma ville est une ville très active qui parle de ses valeurs, de son histoire avec cette belle basilique (où sont enterrés les rois de France, ndlr)", poursuit Jamila. "On est solidaires ici", ajoute-t-elle.

"J'ai pensé à tous ces jeunes qui sont tombés au Bataclan"

La veille, cette fille d'un Marocain qui a combattu au sein de l'armée de la France libre pendant la seconde guerre mondiale est allée se recueillir au Bataclan. "J'ai pensé à tous ces jeunes qui sont tombés là-bas. Musulmans, juifs, chrétiens : nous sommes tous une même nation", regrette-t-elle les yeux humides. 

"C'est très triste. Mais Saint-Denis ce n'est pas que la délinquance, ce n'est pas que le terrorisme", poursuit la riveraine qui regrette de voir sa ville, trop souvent stigmatisée, se retrouver liée aux attentats. "Les terroristes sont partout, cela aurait même pu se passer à Neuilly. Aujourd'hui, tout le monde peut y être confronté".

EN SAVOIR + 
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