Attaque à Notre-Dame : "Je me suis dit que s'il arrivait à me mettre le deuxième coup, je serais défiguré", témoigne le policier

FAIT DIVERS - Vingt-quatre heures après son agression, le policier attaqué mardi après-midi sur le parvis de Notre-Dame de Paris par un homme muni d'un marteau a livré son témoignage au micro d'Europe 1. Le fonctionnaire âgé de 22 ans, qui est sorti ce mercredi de l'hôpital, dit qu'il était "sonné" après avoir été frappé et a même cru risquer d'être "défiguré".

Il souffre d'une contusion à l'arrière du crâne et a pu sortir de l'hôpital ce mercredi. David (ndlr : le prénom a été changé) le policier agressé mardi en milieu d'après-midi sur le parvis de Notre-Dame, a fait ses premières déclarations. 


Agé seulement de 22 ans, tout juste sorti d'école, le jeune homme raconte ainsi sur les ondes le déroulement de l'attaque, alors qu'il se trouvait sur le parvis avec deux de ses collègues.  Il est alors 16h19. "On renseignait un touriste qui nous demandait la direction pour aller vers Montparnasse", raconte le policier. "Je me retourne pour reprendre ma patrouille, et là, l'individu sort d'un groupe de personnes. Ma collègue me crie 'attention', et je prends un coup de marteau à l'arrière de la tête."

David se jette alors au sol pendant qu'un autre policier ouvre le feu.  "Je me suis dit que s'il arrivait à me mettre le deuxième coup, je serais défiguré, si ce n'est davantage", témoigne la victime à Europe 1.


C'est à ce moment-là que Farid Ikken se met à crier : "C'est pour la Syrie, c'est pour la Syrie !" "J'ai réalisé que c'était pas un fou, que c'était quelqu'un qui avait préparé son attaque pour nous avoir", commente David, qui parle d'un assaillant "déterminé".  

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Un assaillant neutralisé après l’agression d’un policier sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris

David dit qu'après avoir été agressé, il était "sonné par le coup". "Après avoir été examiné par le médecin, c'était une bosse et un petit traumatisme crânien, rien de méchant. On s'en sort plutôt bien", affirme-t-il, indiquant que ses deux collègues "vont super bien". "C'est un peu difficile mentalement", reconnaît-il tout de même. "On n'a pas dormi cette nuit… Mais on est suivis par notre hiérarchie, qui a pris de nos nouvelles, et on a un soutien psychologique qui s'est mis en place."


Malgré cette attaque, le jeune fonctionnaire se sent "apte à repartir et à reprendre" son travail "normalement".  Il nuance un peu ses propos toutefois, indiquant : "Quand je revois la vidéo, je me dis vraiment qu'on a évité le pire". 


Farid Ikken, son agresseur, a été très rapidement maîtrisé. Blessé par balles, il a été hospitalisé avant d'être placé en garde à vue ce mercredi matin à 8h45. 

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Farid Ikken, agresseur de Notre-Dame : "Il était doux comme un agneau", assure son ancien directeur de thèse

Ni sa famille ni ceux qui l'ont côtoyé ne comprennent aujourd'hui son geste. Certains, comme son directeur de thèse, parlent de quelqu'un de "doux comme un agneau". Au cours de la perquisition menée dans son studio situé dans une résidence universitaire de Cergy-Pontoise, les enquêteurs ont trouvé une vidéo dans laquelle il prête allégeance à Daech. Le quadragénaire, doctorant, est actuellement en garde à vue. 


Une enquête sur l'agression de Notre-Dame a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris. Farid Ikken était inconnu des services de police et de renseignement. Il n'avait fait l'objet d'aucun signalement particulier. 

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Attaque d’un policier à Notre-Dame de Paris

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