Attaque au couteau à Marseille : la mort de Mauranne traumatise sa fac de médecine et son village d'origine

TÉMOIGNAGES - Au lendemain de l'assassinat de deux jeunes femmes tuées à l'arme blanche devant la gare Saint-Charles, le président d'Aix Marseille Université, où étudiait l'une d'elles, et le maire d'Eguilles, d'où elle était originaire, sont abasourdis. Tous deux décrivent une élève exemplaire et une personne des plus sociables.

Elles se trouvaient sur le parvis de la gare marseillaise Saint-Charles dimanche en début d'après-midi quand un homme les a tour à tour mortellement poignardées. Mauranne et Laura, âgées d'une vingtaine d'années, étaient deux cousines, étudiantes à Marseille pour la première, à Lyon pour la seconde.


"L'une des victimes rentrait en troisième année de médecine", a confirmé ce lundi à LCI Yvon Berland, président d'Aix Marseille Université, visiblement très ému. Et de préciser : "Quand on voit ses résultats, c'est une étudiante particulièrement brillante, puisqu'elle avait réussi la première année de médecine du premier coup, avait eu 15/20 la deuxième année et s'apprêtait ce lundi matin à choisir son stage hospitalier."

"Consterné" et "effondré", Yvon Berland n'a "pas de mots pour qualifier" l'attaque "terrible" de ce dimanche. "C'est ce matin par différents canaux qu'on a appris l'identité de cette victime", souligne-t-il. Dès lors, il a tenu à prendre des mesures. "Nous rencontrons à 14h les étudiants de sa promotion pour les accompagner et mettre à leur disposition une cellule d'aide psychologique de l'université en lien avec la cellule d'aide psychologique des hôpitaux de Marseille", a-t-il expliqué, soulignant "qu'un certain nombre d'entre eux la connaissaient bien par définition."


Le président de la fac "a repéré avec le doyen de la faculté de médecine un ou deux étudiants qui étaient abasourdis, immobiles dans les couloirs " dès lundi matin. Mais ce faible nombre ne lui fait pas baisser la garde : "Par expérience, dans ces périodes, ce n'est pas forcément immédiatement que les problèmes surgissent mais parfois en second temps."


 D'où sa vigilance et son appel aux étudiants et au personnel universitaire : "Nous voulons que ces étudiants sachent qu'on sera là pour les aider et qu'on va les soutenir bien entendu, parce que c'est terrible." Le président d'Aix Marseille Université compte bien "entrer en contact avec la famille" pour lui apporter son "soutien" et a d'ores et déjà annoncé qu'une minute de silence serait observée ce mardi à midi sur tous le sites de l'université.

"Une personne des plus sociables, des plus agréables"

En plus d’être une élève exemplaire, Mauranne était aussi une habitante appréciée à Eguilles, village aixois d’où elle était originaire. "Je la connaissais comme je connais tous les enfants. On la voyait dans les rues. C’était une personne les plus sociables, les plus agréables ", confie ému le maire de la commune de 7000 habitants, Robert Dagorne. 


Lorsque le commandant de la gendarmerie a mis au courant l’élu, ce dernier s’est "effondré […]. On n’a pas dormi de la nuit", nous a-t-il affirmé. "Le fait divers est chez nous, nous le subissons". Traumatisés, les riverains le sont tout autant. À la mairie, "le téléphone n’arrête pas de sonner". 


Un rassemblement a été annoncé pour 18h, sur le perron de l’hôtel de ville. Mais celui-ci n’est pas encore confirmé, "par respect pour la famille", affirme son instigateur. Il attend l’accord de la famille de la disparue. 

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