Attaque au couteau : Marseille vivait sous la menace terroriste depuis plusieurs mois

MENACES - Daech a revendiqué l'attaque de la gare Saint-Charles à Marseille ce dimanche où un homme a tué deux femmes à coups de couteau avant d'être abattu par des militaires. Une première dans cette ville jamais directement touchée par le terrorisme islamiste mais où plusieurs attentats avaient été déjoués ces dernières années.

Deux femmes tuées à l'arme blanche. C'est le bilan à Marseille ce dimanche, après une attaque sur le parvis de la gare Saint-Charles, à l'issue de laquelle l'assaillant - ayant crié "Allah Akbar" avant son passage à l'acte - a été abattu. La piste terroriste a été privilégiée par les enquêteurs et depuis le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque. Cette dernière, qui fait écho aux nombreuses attaques terroristes qui ont endeuillé le territoire français ces derniers mois, constitue une première dans la cité phocéenne depuis 2015. 


La ville avait en effet jusqu'ici été relativement épargnée, même si elle revenait régulièrement dans l'actualité, en raison d'attentats déjoués ou en marge d'affaires de terrorisme. 

En vidéo

Témoignage d'une voyageuse qui a assisté à l'attaque au couteau à Marseille

En avril, le pire avait été évité de justesse. A cinq jours du premier tour de la présidentielle, deux hommes de nationalité française avaient été arrêtés à Marseille par la DGSI. Ils avaient l'intention de passer à l'acte "dans les tout prochains jours", avait indiqué le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl.


En décembre 2016, c'est un interne en médecine à l'hôpital de la Timone qui était interpellé en Turquie. Il avait été remis à la France par les autorités turques et transféré à Levallois-Perret pour être entendu par les enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (SDAT).


Quelques mois auparavant, les forces de l'ordre avaient réussi à empêcher un passage à l'acte. Le 11 mai 2016, un homme de 33 ans avait en effet été arrêté à La Ciotat, à 20 min de la ville. A plusieurs reprises, il avait évoqué en garde vue le projet de "planter des juifs dans une synagogue de Marseille", déclarant vouloir "en tuer au minimum trois" avant d'être interpellé. Lors de l'intervention des policiers, deux grands couteaux étaient posés sur une table chez cet individu qui disait avoir fait serment d'allégeance à Daech. Il a été condamné en juillet à deux ans de prison pour apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de la cité phocéenne.


Enfin, le 11 janvier 2016, un adolescent de 15 ans s'étant réclamé du groupe Etat islamique avait tenté d'assassiner un enseignant juif. Il a été condamné jeudi à sept ans de prison et cinq ans de suivi socio-judiciaire.

Le groupe Etat islamique, lui, avait directement évoqué la seconde ville de France, quelques jours après l'attentat de Nice. Une vidéo avait été publiée sur Internet, dans laquelle Marseille était explicitement citée pour la première fois comme une cible potentielle. Le maire de Marseille avait alors demandé dans un courrier au Premier ministre Manuel Valls "une mobilisation accrue et significative de tous les moyens humains et matériels nécessaires à la protection des Marseillais, ainsi que des milliers de visiteurs ou de touristes".

Les renforts n'ont pas été décidés en raison de cette vidéo, avait assuré le préfet des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez. Avant d'ajouter : "Marseille n'est ni plus ni moins menacée qu'ailleurs (...) on est sur une menace qui s'adresse à la France".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Attaque au couteau à la gare de Marseille

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter