Attaque du lycée de Grasse : ce que l'on sait de l'enquête

FAIT DIVERS - Alors que le tireur présumé de l'attaque du lycée de Grasse est actuellement en garde à vue, l'enquête se poursuit pour en savoir davantage sur les motivations et possibles complicités. LCI fait le point.

Il était 12h55 ce jeudi quand l'adolescent est entré dans le lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes) avant d'y ouvrir le feu. Le tireur présumé, un jeune homme scolarisé dans l'établissement a blessé au total quatorze personnes légèrement, dont le proviseur, avant d'être interpellé et d'être placé en garde à vue pour des faits de "tentative d'assassinats".


Si le déroulé de l'attaque a pu être retracé, de nombreuses questions subsistent. Les enquêteurs vont essayer d'en savoir plus sur l'origine des armes du jeune homme, ses motivations et de possibles complicités.


- Plusieurs armes en sa possession

Elève de 1ère L du lycée Tocqueville de Grasse, situé 22, chemin de l'Orme, l'adolescent s'est introduit dans l'établissement "armé d'un fusil à pompe, de plusieurs munitions pour ce fusil à pompe, de plusieurs armes de poing et d'une grenade d'exercice", a indiqué jeudi soir la procureure de la République de Grasse, Fabienne Atzori. "Il semble aussi que l'individu ait confectionné un explosif artisanal mais cela méritera vérification." Concernant le nombre de coups de feu, Fabienne Atzori a indiqué : "Il aurait tiré à deux ou trois reprises  et n’aurait a priori utilisé que le fusil à pompe". 


- A la recherche d'un ou plusieurs individus? 

Lorsque le suspect a pénétré dans le lycée, il s'est d'abord rendu dans une classe. "Dans cette classe ne se trouve pas, manifestement, la ou les personnes qu'il recherchait. En tout cas, les élèves remarquent qu'il est armé. Sa présence a été signalée au proviseur. Ce dernier décide d'intervenir mais avant qu'il ne puisse le faire, le jeune homme de 16 ans va blesser un élève d'un ou plusieurs tirs. Le proviseur s'interpose courageusement et est blessé à l'occasion de son intervention. Le commissariat de police de Grasse ainsi que la sûreté publique sont avisés". 


- Interpellé à 13h05 "de manière extrêmement docile"

Les forces de l'ordre se rendent sur place dès l'alerte et procèdent à l'arrestation du tireur présumée, il est 13h05. "Il s’est laissé interpeller par les fonctionnaires du commissariat de Grasse de manière extrêmement docile. Il n’a opposé aucune résistance alors que les actes qu’il avait précédemment commis auraient pu laisser entrevoir une résistance, voire une résistance violente". 


- Quatorze blessés

Au total, il y a eu 14 blessés légers, dont quatre blessées par armes à feu. "Aucune d'entre elles ne se trouvent en urgence absolue. Plusieurs d'entre elles souffrent d'un choc émotionnel, choc psychologique lié à la scène à laquelle elles venaient d'assister". Sur ces victimes, certaines d'entre elles ont pu regagner leur domicile, et ce n'est qu'une fois chez elles qu'elles ont pu constater qu'elles avaient été touchées par certains plombs". 


-  "Aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprises terroriste"

"Les motivations de l'élève paraissent liées aux mauvaises relations qu'il aurait entretenues avec d'autres élèves de ce lycée, lycée dans lequel il semblerait qu'il ait eu quelques difficultés à s'intégrer. "Je crois pouvoir affirmer à ce stade, et après quelques heures d'enquête, qu'aucun élément, aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste", a indiqué la procureure. 


- Les personnes blessées étaient-elles les personnes que le suspect visait ? 

"Je ne peux pas répondre, a dit la procureure la République de Grasse. Pour le proviseur, je pense que l’on peut exclure que ce dernier ait été blessé au titre des mauvaises relations. Le supérieur a en effet été blessé alors qu’il s’interposait pour mettre un terme aux tirs du lycéen". 



- Des complices à l'intérieur ou l'extérieur du lycée? 

L'antenne de Nice de la Direction Interrégionale de police judiciaire a été chargée de l'enquête. "Celle-ci se poursuit dans un double objectif : tenter de déterminer les motivations réelles de celui qui apparait être l'auteur des faits et de déterminer ou identifier ceux ou celles qui auraient pu lui prêter aide ou assistance dans la réalisation des actes qui lui sont reprochés à ce stade des investigations", a déclaré Fabienne Atzori.  La magistrate a ajouté : "Au moment des tirs, la certitude que nous avons c’est que l'individu tire alors qu’il est seul. Mais la thèse de complicité éventuelle n’est pas écartée, loin s’en faut".  


- Quelles cibles ?

Lors de la garde à vue du jeune homme, les enquêteurs vont chercher à éclaircir quelles étaient véritablement ses cibles. "Il conviendra à l'occasion de déterminer si oui ou non il était effectivement animer d'une volonté homicide à l'égard de toutes les victimes qu'il a touché". D’autres questions étaient toujours sans réponse en fin de journée notamment celle de l’origine des armes. 

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Coups de feu dans un lycée de Grasse

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