Agresseur, enquête, victimes... Ce qu'il faut savoir sur l'attaque au couteau à Paris

FAITS DIVERS
ATTENTAT - Un homme âgé de 20 ans s'en est pris au hasard à plusieurs personnes dans la rue, samedi 12 mai à Paris, dans le quartier de l'Opéra. Un passant de 29 ans est mort et quatre personnes ont été blessées. L'assaillant, Khamzat Azimov, un Français d'origine tchétchène fiché S, a été abattu par les policiers.

Une attaque au hasard en plein quartier touristique. Un homme s'en est pris à plusieurs passants samedi 12 mai dans le IIe arrondissement de Paris. Un passant, âgé de 29 ans, a été tué et quatre personnes blessées par  l'homme armé d'un couteau qui a crié "Allah Akbar" selon des témoins. Les  blessés sont hors de danger, a indiqué dans la nuit, le ministre de  l'Intérieur, Gérard Collomb. L'homme a été abattu quelques minutes après avoir commencé sa course meurtrière. Cette intervention très rapide des forces de l'ordre a "sans doute évité qu'il y ait d'autres victimes", a salué Gérard Collomb qui promet de "châtier" les éventuels complices de l'assaillant.

Que s'est-il passé ?

De 20h38 à 20h47, entre les rues Marsollier et Monsigny, dans le très animé et très central quartier de l'Opéra, l' homme s'en est pris "aléatoirement" à plusieurs personnes, à l'aide d'un couteau. C'est devant le 9 rue Marsollier qu'il frappe mortellement sa première victime. Puis il déambule dans les rues adjacentes. Selon un témoin interrogé par LCI, l'agresseur a frappé à plusieurs terrasses. "Ça a commencé à être la panique, tout le monde a commencé à crier, les gens sont venus se réfugier dans notre restaurant", raconte ce serveur, qui raconte, encore choqué, avoir vu une femme être poignardée par l'agresseur, devant l'entrée de son restaurant. Selon plusieurs témoins, l'homme a crié "Allah Akbar". 

 "Quand il a vu les deux policiers, il s’est rué sur eux et a crié 'Je vais vous tuer! Je vais vous tuer!' ; 'Tire, tire ! Je vais te planter !'', nous a indiqué une source policière. Après avoir attaqué les passants, il s'en est pris aux policiers qui voulaient le maîtriser, brisant sa lame sur le gilet pare-balles de l'un d'entre eux. Ces derniers finiront pas l'abattre en utilisant dans un premier temps un pistolet à impulsion électrique. "Le taser utilisé par les policiers n'a pas permis de neutraliser l'individu", indiquait à LCI David Le Bars, du syndicat des commissaires de Police nationale. "Il a donc fallu faire usage des armes à feu". Un deuxième fonctionnaire de police a tiré sur l'agresseur à deux reprises, au niveau du coeur, le blessant mortellement. Il mourra à 21h24.

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"Ça a commencé à être la panique" : un serveur raconte les attaques au couteau à Paris

Qui sont les victimes ?

Dans son attaque, l'agresseur a tué une personne et en a blessé quatre autres. La victime décédée est un homme âgé de 29 ans, originaire du Mans. Un touriste chinois âgé de 34 ans et grièvement touché au dos, a été transporté en "urgence absolue" à l'hôpital  parisien Georges-Pompidou. Une femme de 54 ans a aussi été grièvement  blessée au visage au niveau du 14, rue Gallion. Elle a été prise en charge par l'hôpital de la Pitié Salpêtrière. Une femme de 26 ans et un homme de 31 ans l'ont été plus légèrement. 


Ces blessés sont tous les quatre hors de danger. "La personne la plus grièvement blessée (...) va mieux", elle "a été opérée  et donc aujourd'hui elle est sauvée", a rassuré dans la nuit le ministre de  l'Intérieur Gérard Collomb, qui s'est rendu à son chevet à Georges-Pompidou. "Deux de ses amis sont dans un autre hôpital, ils sont totalement hors de  danger. Une quatrième personne qui avait été blessée est aussi hors de danger". 


Plusieurs personnes ont également très choquées après avoir assisté aux faits. Une cellule psychologique a été ouverte à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu pour accueillir ces victimes. La maire de Paris Anne Hidalgo a incité ce dimanche les autres témoins  à s'y rendre.

Que sait-on de l'agresseur ?

L'auteur de l'attaque, qui n'avait pas de papiers au moment où il poignardait les passants, a finalement été identifié dimanche. Il s'appelle Khamzat Azimov, est né en novembre 1997 en Tchétchénie. De nationalité française - il a été naturalisé en 2010 -, il a vécu à Strasbourg, dans une famille de réfugiés habitant dans le quartier populaire d'Elsau. Arrivé à Paris en 2017, il n'avait aucun antécédent judiciaire, mais avait été fiché S pour radicalisation. Il avait été entendu par la section antiterroriste en avril 2018 pour son implication dans le départ d'une femme en Syrie, sans être poursuivi.

Quelques heures après les événements, Daech revendiquait l'attaque, qualifiant Azimov de "soldat de l'Etat islamique", sur la foi des informations d'une "source sécuritaire" (sic) à Amaq, l'agence de presse de  l'EI. Ses parents - réfugiés politiques ayant fui la Tchétchénie - ont été placés en garde à vue, ainsi qu'un de ses amis. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a promis de "châtier" ses éventuels complices.

Trois proches de Khamzat Azimov en garde à vue

Le procureur de la République François Molins, arrivé sur place dans la soirée, a annoncé la saisine du parquet antiterroriste. "Sur la foi de témoignages faisant état du fait que l'agresseur a crié "Allah Akbar" en attaquant les passants, et compte tenu du mode opératoire [des agressions au couteau dans la rue, ndlr], nous avons saisi le parquet sous la qualification d'assassinat et tentative d'assassinat sur une personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste."


Les parents de l'assaillant sont en garde à vue depuis dimanche. Les chambres que la famille louait dans un meublé du XVIIIe arrondissement ont été perquisitionnées, sans résultat concluant. Un des amis de Khamzat Azimov, âgé de 20 ans également, a été interpellé et placé en garde à vue à Strasbourg, ville où la famille Azimov a vécu plusieurs années avant d'arriver à Paris. Ils étaient toujours en garde à vue lundi matin

"La France paye une nouvelle fois le prix du sang"

"La France paye une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce  aux ennemis de la liberté", a réagi le président Emmanuel Macron sur Twitter. "Ce soir, notre ville a été meurtrie", a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s'est rendue sur place. "Une attaque lâche et barbare qui ne peut se réclamer d'aucune religion et que nous condamnons fermement", a abondé la grande mosquée de Paris sur Twitter.

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Attaque au couteau à Paris

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