De Carcassonne à Trèbes, retour sur la course meurtrière de Radouane Lakdim

FAITS DIVERS
TERRORISME - Radouane Lakdim, 25 ans, a tué quatre personnes et en a blessé grièvement une autre lors de trois attaques à Carcassonne et Trèbes, vendredi 23 mars. Retour sur les différentes étapes qui ont jalonné son parcours meurtrier.

Un itinéraire préparé à l'avance. Quand il quitte son domicile, dans la matinée du vendredi 23 mars à Carcassonne, Radouane Lakdim, 25 ans, sait qu'il va tuer. Soit des militaires, soit des CRS, en faisant le guet, comme en témoignent les différentes étapes de son parcours entre son domicile et le supermarché U à Trèbes.

Etape 1, à Carcassonne

Vers 10h15, Radouane Lakdim vole une Opel Corsa blanche à Carcassonne (Aude), dans la cité Aigle. Il tue le passager et blesse grièvement le conducteur, dont le pronostic vital est engagé.

Etape 2, la caserne de Laperrine

Toujours à Carcassonne, il se dirige vers la caserne de Laperrine du 3e Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine (3e RPIMa) où, non loin de là, il attend "quelques minutes vraisemblablement afin d'attendre des militaires", selon les enquêteurs, mais il se ravise car rien ne se passe. Il reprend la route.

Etape 3, vers la caserne de CRS

Il se dirige vers une caserne de CRS. C'est là que, peu avant 11h, à 200 m de là, toujours à bord du véhicule, il prend pour cible "à plusieurs reprises" un groupe de quatre policiers qui rentraient de leur footing, blessant l'un deux avec une arme de poing. Son pronostic vital n'est "pas engagé", selon le Premier ministre Edouard Philippe. Les enquêteurs ont retrouvé sur place "six douilles", a précisé le procureur de Paris François Molins.

Etape 4, à Trèbes

L'assaillant roule ensuite vers Trèbes, commune située à 8 km à l'est de Carcassonne. Vers 11h15, il pénètre dans un supermarché Super U, où se trouvent une cinquantaine de personnes.  En y entrant, il crie "Allah Akbar" et revendique être un "soldat" de l'EI, selon le procureur. Se disant "prêt à mourir pour la Syrie", il demande "la libération de frères" avant d'ouvrir le feu, tuant par balle un employé et un client.


Appelés sur les lieux, les gendarmes interviennent alors que Radouane Lakdim retient des personnes en otage. Un lieutenant-colonel du groupement de gendarmerie de l'Aude, Arnaud Beltrame, 45 ans, s'est offert "comme otage au terroriste retranché", a selon les mots d'Emmanuel Macron, sauvant ainsi la vie "d'une otage civile". L'assaillant sort alors du supermarché en menaçant l'officier avec son arme. Réclamant un "chargeur", il menace "de tout faire sauter en cas d'intervention des forces de la gendarmerie" avant de se replier dans le magasin, a ajouté le procureur. A l'intérieur, il tire "à plusieurs reprises sur le colonel qu'il blesse très grièvement". L'assaut du GIGN est donné et Radouane Lakdim est neutralisé à 14h20. Deux gendarmes sont blessés au cours de l'opération. Arnaud Beltrame, lui, sera déclaré mort samedi 24 mars.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Attentats dans l'Aude : quatre morts

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter