Attentats dans l’Aude : le récit minute par minute de la tragédie

TERRORISME - Lors d’une conférence de presse lundi le procureur de Paris François Molins a livré la chronologie détaillée des attaques terroristes qui ont eu lieu vendredi dans l’Aude. Il a également révélé la cause des blessures à l'origine de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

On connaît désormais le déroulé des sanglantes attaques perpétrées vendredi par Radouane Lakdim dans l’Aude. Au cours d’une conférence de presse ce lundi, le procureur de Paris, François Molins, a livré une chronologie précise des faits. Tout d’abord, après avoir déposé sa soeur à l'école, le djihadiste s'est rendu à la cité des Aigles, à Carcassonne, entre 9 heures et 10h13. C’est là qu’il a tiré sur deux personnes. La première, touchée à la tempe gauche, est décédée, tandis que la seconde, également atteinte à la tête, a pu être prise en charge par les secours.


Radouane Lakdim a ensuite quitté les lieux à bord d'une Opel Corsa blanche dérobée à l’une des victimes, a expliqué le magistrat. L'exploitation de la vidéosurveillance a permis d'établir un passage à 10h25 devant le commissariat du centre-ville de Carcassonne. Le conducteur a ensuite pris "la direction de la caserne du 3e régiment parachutiste d'infanterie de marine devant laquelle deux militaires du dispositif Sentinelle se trouvaient en mission de sécurisation".

A 10h30, le véhicule est réapparu dans le sens contraire roulant dans la direction de la commune de Trèbes. Puis à 10h32, "il a fait mine de s’engager dans la rue menant à son domicile avant de se rabattre brusquement sur l'axe routier et de se porter à hauteur de 4 CRS qui effectuaient leur jogging sur la voie publique", a indiqué le procureur de Paris. C’est alors qu’il ouvre le feu sur eux. L’un des CRS, "touché à l'épaule et au poumon, est toujours hospitalisé en soins intensifs", a précisé François Molins. Sur place, 6 douilles de calibre 7.65 seront retrouvées.

Toujours selon l’exploitation de la vidéosurveillance, Radouane Lakdim se gare à 10h39 sur le parking du Super U de Trèbes. Il attend 25 secondes puis sort du véhicule en courant en direction de l’entrée du supermarché. A l’intérieur, il s'est tout d’abord dirigé vers la caisse n°6, où il abat l’un des bouchers du magasin. Il se dirige ensuite vers une autre caisse et tue un client. Puis il s’approche du stand boulangerie où "il a manifestement échangé avec un client avant de rebrousser chemin", indique François Molins, sans donner plus de détails. 


Pendant ce temps, plusieurs clients réussissent à se cacher dans la chambre froide située à l'arrière du bâtiment pendant que d'autres se réfugient dans des rayons. A la suite d’un appel général aux forces de sécurité, "plusieurs services de gendarmerie se sont rendus sur place. Les premiers intervenants du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie ainsi que des gendarmes de la brigade de Trèbes sont arrivés sur les lieux vers 11h". Ces derniers ont pu se positionner au PC caméra du supermarché situé au premier étage en passant par l'extérieur du magasin.


Ils repèrent alors l'assaillant au niveau de l'accueil et décident de descendre en colonne d'intervention au rez-de-chaussée. "Ils ont constaté que Radouane L. retenait en otage une femme qu'il utilisait alors comme bouclier humain en la menaçant d'une arme sur la tempe", selon le procureur de Paris. "Ils ont alors profité de leur progression vers lui pour évacuer les clients encore présents. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a alors engagé une négociation avec Radouane Lakdim. "Il a levé les mains en l'air, déposé son arme et a demandé à prendre la place de la personne prise en otage. Il est entré à 11h28 dans la salle des coffres, où s'était replié Radouane L. avec son otage, libérée finalement quelques minutes plus tard", poursuit le magistrat. 

Le lieutenant-colonel Beltrame a ensuite contacté ses collègues pour leur demander de quitter les lieux, expliquant que l’assaillant réclamait la libération de Salah Abdeslam, le seul terroriste survivant des commandos du 13-Novembre. A partir de 12h10, le GIGN se déploie autour du supermarché et tente d'engager une négociation avec Radouane Lakdim. A 13h10, le terroriste sort de la salle des coffre "en se servant du lieutenant-colonel Beltrame comme bouclier humain sous la menace d'une arme posée sur sa tempe", explique François Molins. 


C’est finalement à 14h16, après avoir entendu plusieurs coups de feu, que le GIGN décide de donner l’assaut, qui a conduit à "la neutralisation" du terroriste. Une opération au cours de laquelle deux gendarmes ont été blessés. Gravement blessé, le lieutenant-colonel Beltrame est de son côté transporté au CHU de Carcassonne, où il décédera finalement quelques heures plus tard. 

Selon le procureur de Paris, "son autopsie a mis en évidence des lésions balistiques non létales à un bras, à un pied ainsi que des blessures au niveau du visage. Elle a par ailleurs, et surtout, révélé plusieurs lésions par arme blanche dont une plaie très grave de la trachée et du larynx, ayant entraîné une détresse respiratoire à l'origine du décès", a révélé le magistrat. 

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