Attentat à Berlin : quelle sécurité pour les marchés de Noël français ?

TERRORISME - La sécurité des marchés de Noël a été "immédiatement renforcée" en France après l'attentat commis lundi soir à Berlin, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux. Des sites particulièrement sensibles qui faisaient déjà l'objet de mesures importantes.

Après qu’un camion a foncé dans la foule à Berlin faisant 12 morts et 48 blessés,  la "sécurisation des marchés de Noël a été immédiatement renforcée", a déclaré lundi soir le ministre de l’Intérieur dans un communiqué.  "Dans ces circonstances, Bruno Le Roux a appelé l'ensemble des forces de l'ordre à maintenir une vigilance maximale et à conserver (leur) détermination face à la barbarie", indique le texte.


Un renforcement de la sécurité qui avait déjà été annoncé la semaine dernière pour faire face à une "menace forte" durant les fêtes de fin d’année. Le nombre de militaires engagés dans l’opération Sentinelle, qui avait été déployée au lendemain des attentats de janvier 2015 pour protéger les points sensibles, devait augmenter et se situerait entre "7.000 hommes mobilisés aujourd'hui, qui est le plancher, et 10.000 qui est le plafond", avait alors précisé le ministre. De nouvelles mesures vont-elles être réellement prises ? Le ministère de l'Intérieur, joint par LCI, n'a pour l'heure pas répondu à nos sollicitations. Les marchés de Noël, sites particulièrement sensibles durant les festivités, faisaient en tout cas déjà l’objet d’une vigilance accrue et d’un dispositif particulier.

- Sur l'emblématique marché de Strasbourg, "les mesures de sécurité ont déjà été renforcées cette année", rappelle ainsi sur France Bleu Alsace le maire de la ville, Roland Ries. "On a créé une sorte de bulle dans la Grande île, avec des plots rétractables pour empêcher les voitures de rentrer, on a construit des fosses autour des voies de tram. Certains nous ont reproché ces mesures excessives, on voit bien qu'elles étaient nécessaires". 


Le directeur de la sécurité publique (DDSP) du Bas-Rhin, Jean-François Illy, avait expliqué qu'il n'existait "pas en France un dispositif similaire à celui mis en place à Strasbourg". Au lendemain de l'attentat à Berlin, de nouvelles mesures ne sont donc pas à l'ordre du jour. En visite dans la capitale alsacienne ce mardi, le ministre de l'Intérieur a fait une déclaration en ce sens, estimant que le dispositif n'avait "pas à être renforcé". "Il y a eu un très haut niveau d’anticipation et de préparation. Mais il doit être adapté au jour le jour en fonction des présences", a déclaré Bruno Le Roux. 


- A Paris, le marché de Noël des Champs Elysées, avec ses 180 chalets, s’était déjà également ouvert le 11 novembre dernier sous haute surveillance. Le lieu aurait en effet été évoqué parmi une dizaine de sites faisant figure de cibles potentielles pour six hommes arrêtés ces dernières semaines, notamment à Strasbourg, et qui projetaient un attentat le 1er décembre en région parisienne. "Pour l'heure, pas de nouvelles consignes. Le dispositif de sécurité est sensiblement le même que l'an passé, détaille une source policière à LCI. La nouveauté, c’est l’équipage USOC (Unité de Sécurisation Opérationnelle de la Capitale), la nouvelle unité créée par la DOPC (direction de l'ordre public et de la circulation), qui vient renforcer le dispositif avec les brigades équestres." Un équipage de la BRI est désormais également positionné près du commissariat du 8e .

- A Nice, ville meurtrie par l'attentat sur la promenade des Anglais, le marché a été maintenu. "Cette année, la sécurité est encore plus importante, avec l'arrivée des portiques. La patinoire et la grande roue sont notamment sécurisées. Une entreprise de sécurité privée se charge des fouilles à l'entrée du périmètre. Entrée qui se fait avec détecteurs de métaux similaires à ceux des aéroports", avait détaillé auprès du Parisien l'adjoint au Tourisme de la ville, Rudy Salles. Le maire Philippe Pradal a décidé avec le préfet lundi soir "un renforcement des effectifs de la police", sans en en livrer les détails. 


- A Dijon, "même si la sécurité était déjà maximale", selon la Mairie et la Préfecture de la Côte-d'Or citées par France Bleu, l'emploi du temps des militaires de l'opération Sentinelle va être modifié. Ils patrouilleront jusqu'à 20 heures (18 heures actuellement) sur le marché. 


- Enfin à Reims, certains habitants et commerçants se plaignaient de fouilles qui n'avaient lieu "que le week-end", selon la presse locale. Des propos à l'encontre de ce qu'affirmait la société de surveillance LAPD sécurité qui disait organiser des contrôles quotidiens au niveau des cinq zones d'entrées du parvis. Après les événènements dramatiques en Allemagne, la sécurité a été renforcée, assure France 3. Pour accéder au parvis de la cathédrale, "les visiteurs, sans exception", doivent passer l'un des barrages filtrants avec fouilles et contrôles des sacs.

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