Attentat de Magnanville : Abballa, d'"athée" à "nettoyeur de kouffars"

Attentat de Magnanville : Abballa, d'"athée" à "nettoyeur de kouffars"

RECAP - Au surlendemain de l'assassinat de deux fonctionnaires de police à leur domicile de Magnanville, les informations continuent de tomber sur le profil du terroriste Larossi Abballa déjà condamné en 2013 pour sa participation à une filière djihadiste.

 Son ex témoigne : "Il s'était beaucoup isolé"
"A aucun moment je ne l'ai senti radicalisé". Ce témoignage sur Larossi Abballa a été recueilli par France Info auprès de l'ancienne petite amie du terroriste, avec lequel elle dit être restée cinq ans et duquel elle est restée proche après leur rupture. A l'époque de leur rencontre, raconte la jeune femme, "c'était un petit jeune de quartier qui pensait à s'amuser, à faire la fête. Après, il a changé mais dans le bon sens". "Il voulait faire ses prières correctement mais rien d'alarmant, poursuit-elle. Ça ne m'a pas effrayée parce qu'il était normal, il disait juste 'J'espère qu'un jour tu porteras le voile'". Quand il est sorti de prison néanmoins, "il s'était beaucoup isolé, il préférait prendre ses distances. Il n'avait plus les mêmes amis qu'avant". Et cette jeune habitante du quartier des Mureaux, d'où venait Abballa, de raconter que le terroriste lui a envoyé un message il y a trois jours, soit peu de temps avant de commettre son effroyable crime. "J'ai besoin de te voir dix minutes, il faut qu'on se parle", lui disait-il dans son message. Lorsque la jeune femme le rappelle le lendemain, "le numéro ne marchait plus".

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► Abballa, d'"athée" à "nettoyeur de kouffars"
On le sait, ce n'est pas un inconnu qui a sauvagement assassiné ce lundi soir un couple de fonctionnaires de police à leur domicile de Magnanville. Le jeune homme a été condamné en 2013 pour sa participation à une filière djihadiste vers le Pakistan. Au moment du démantèlement du réseau, rapporte Le Parisien, Abballa est magasinier. En garde à vue, il affirme être "athée", ne "rien à voir avec ce groupe" et être "victime d'un complot". Mais l'analyse de son matériel informatique révèle un tout autre profil : les policiers découvrent des vidéos et des textes glorifiant le djihad, dont une brochure sur Al-Qaïda. Les policiers mettent également la main sur un carnet recensant des lieux touristiques franciliens et des échanges qui trahissent sa radicalisation et sa volonté de passage à l'acte. "Faut commencer le taf : nettoyage de kouffars (NDLR : mécréants)", écrit-il notamment à l'un des membres du groupe, rapporte le quotidien. L'enquête le définit comme "un suiveur qui se rêve en meneur". En mars dernier, son nom resurgit dans le cadre d'une enquête sur un djihadiste français qui a quitté le territoire début 2015. Mais l'enquête sur Abballa montre "une activité paisible de vendeur de sandwich", écrit le quotidien.

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► L'exécutif défend le suivi du djihadiste
Dans les médias, le Premier ministre et le ministre de la Justice ont commenté le suivi du terroriste, condamné en 2013. Sur France Info, le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a ainsi rappelé que, dans le cadre du dossier de 2013, "Abballa aurait pu être condamné à 20 ans. Il a été condamné à trois ans parce que, en France, on condamne les actes, pas les intentions." En outre, le ministre a confirmé que le terroriste avait "parfaitement respecté son contrôle judiciaire, après avoir satisfait à ses obligations pendant deux ans. Il a ensuite été placé sur écoute judiciaire, et rien dans cela ne permettait de déceler un futur passage à l'acte." De son côté, le Premier ministre Manuel Valls a affirmé sur France Inter qu'il n'y avait eu ni "négligence" ni "manque de discernement" dans le suivi du tueur de Magnanville

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Notre portrait de Larossi Abballa, l'auteur présumé de l'attentat

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