Attentat de Magnanville : "Combien de temps va-t-on laisser des Larossi Abballa dans la nature" ?

Attentat de Magnanville : "Combien de temps va-t-on laisser des Larossi Abballa dans la nature" ?

POLICE - Pas d’annonce spectaculaire au lendemain du double assassinat d'un couple de policiers dans les Yvelines. Alors que les autorités semblent avoir fait preuve de résilience, les policiers, eux, sont sous le choc. Et constatent, avec un sentiment d’impuissance, les passages à l'acte fulgurants d'individus connus de leurs services mais pas au point de faire l'objet de mesures de privation de liberté.

Manuel Valls l’a reconnu lui-même : "Nous n’allons pas adopter à chaque fois une nouvelle mesure." Quelle disposition plus forte que l’état d’urgence peut-on annoncer ? Autoriser le port d’arme pour les policiers en dehors du service ? C’est déjà le cas dans le cadre de l’état d’urgence. Et cela n’a pas permis au commandant de police tué de sauver sa vie et celle de sa compagne.

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Au lendemain de l’attaque terroriste perpétrée par Larossi Abballa, les policiers font face à un "sentiment d’impuissance". "Le ministre de l’Intérieur a tout dit. Son acte n’était pas prévisible. Il y en a d’autres en France comme lui. Mais seule une infime partie passe à l'acte. Aucun élément objectif laissait à penser que lui le ferait", réagit, décontenancé, un policier auprès de metronews. "On est dans un état de droit, on ne peut pas mettre en prison préventivement ces individus", ajoute-t-il.

Des "centres de détention spécifiques"

Selon nos informations, l’assaillant faisait l’objet de plusieurs fiches "S". Il était sur les radars des services de renseignement, notamment depuis sa condamnation à trois ans de prison (dont 6 mois avec sursis) dans un dossier terroriste. Depuis 2013, l'homme était libre. 

En février dernier, il était revenu dans le viseur des policiers à l’occasion de l’ouverture d’une information judiciaire ouverte contre "X" dans une affaire de filière syrienne. Le procureur de la République, François Molins, l’a rappelé ce mardi 14 juin : à aucun moment, les écoutes sur son téléphone portable n’ont mis les policiers sur la piste d’un éventuel passage à l’acte.

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"On ne peut pas surveiller tout le monde. Il faut créer des centres de détention spécifiques dédiés à ces individus. La réflexion doit être lancée", avance auprès de metronews Olivier Boisteaux, président du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP).

Pas de faute dans le suivi judiciaire de l’islamiste

Larossi Abballa avait respecté scrupuleusement son contrôle judiciaire et avait apporté des garanties de représentation. Autrement dit, aucune faute ne peut être imputée à la justice ou à la police dans le suivi de cet individu. Philippe Capon, secrétaire national de l’Unsa-Police s’interroge : "Combien de temps va-t-on laisser des Larossi Abballa dans la nature ? Il ne s’agit pas de faire des Guantanamo, ce qui serait excessif. Mais ne pourrait-on pas donner la possibilité de prononcer des peines plus sévères ou de limiter la liberté des individus constituant le haut du panier ? Afin de permettre de minimiser les risques sur les plus dangereux", suggère-t-il.

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Autrement dit, si les individus les plus radicalisés étaient derrière les barreaux, ou "retenus administrativement", ces policiers estiment qu’ils pourraient alors se concentrer sur des signaux plus faibles. D’autant que l’étude des profils similaires à ceux de Larossi Abballa révèle une conversion à l’islam très rapide et un passage à l’acte fulgurant. Pour preuve : l'assassin de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing a indiqué, au cours de la négociation avec le Raid, avoir prêté allégeance à Daech très récemment. Il y a trois semaines seulement.

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