Attentat de Nice : "J’ai aidé une femme à accoucher au milieu de la foule en panique"

Attentat de Nice : "J’ai aidé une femme à accoucher au milieu de la foule en panique"
FAITS DIVERS

HORREUR – Le 14 juillet à Nice, des milliers de personnes étaient rassemblées pour admirer le ciel. Enrico Colovic, vigile pour le restaurant le plus proche de la Promenade des Anglais, a vu la soirée basculer dans le drame, au chevet de près de 400 personnes réfugiées.

Un peu avant 22h30 le 14 juillet, la soirée de Enrico Colovic se déroulait sans accroc. Depuis six ans, ce vigile saisonnier travaille au Ruhl Plage, un restaurant niçois à moins de 100 mètres de la Promenade des Anglais. En ce soir de fête nationale, l’établissement affiche complet tandis que 30.000 personnes se sont massées face à la baie des Anges pour admirer les feux d’artifice de circonstance. Enrico se tenait devant l’entrée, quand tout a basculé.

"J’ai vu une vague de foule arriver vers moi"

"Juste après le feu d’artifice, j’ai entendu des coups de feu. J’ai tout de suite compris que c’était un attentat", raconte-t-il à metronews. En quelques minutes seulement, le résident niçois de 42 ans se voit déborder. "J’ai vu une vague de foule arriver vers moi", témoigne-t-il. Un camion a foncé sur les spectateurs, fauchant aveuglément les passants. "Entre 300 et 400 personnes sont venues se réfugier dans le restaurant. C’était la panique."

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Depuis la corniche du restaurant en contre-haut, "les gens jetaient les enfants pour les mettre à l’abri", poursuit Enrico, encore médusé par les événements. "Les personnes sur la plage se jetaient dans l’eau. Les autres se sont réfugiées à l’intérieur, dans les cuisines, les vestiaires, les poubelles…  Il y avait des femmes, des enfants, des personnes âgées ". D’origine yougoslave et formé à l’armée, il garde son calme et parvient à éviter les chutes dans l’escalier raide du restaurant. Il se souvient, troublé : "Ça m’a rappelé la guerre."

Deux heures à attendre

Une fois la foule à l’abri, vient l’attente. Durant deux longues heures, "les gens pleuraient et tremblaient". Avec l’aide des autres employés du Ruhl Plage et quelques volontaires réfugiés, Enrico distribue à boire, à manger, des couvertures et dispense les premiers soins. "Une femme enceinte s’est même mise à accoucher dans la cuisine. Elle s’était presque évanouie quand les pompiers sont arrivés".  Lui-même père de famille, il parvient à joindre son fils de 14 ans, sain et sauf, une heure après la catastrophe.  

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Vers 00h30, la police vient briser cette longue attente, en demandant une évacuation progressive. Comme deux de ses collègues, Enrico ne peut pas rentrer chez lui en raison du périmètre de sécurité et doit rester au restaurant pour la nuit. Derrière le périmètre de sécurité, "on voyait les pompiers, la police, et la Brigade de recherche et d’intervention circuler sur la Promenade pour transporter les cadavres".

"C’était trop"

Vers quatre heures du matin, Enrico ressent le poids de cette longue soirée. "J’ai pleuré tout seul comme un gamin. C’était trop". Même un agent de police, submergé par ces scènes insoutenables, vient se "passer de l’eau sur le visage" dans le restaurant , raconte le vigile. Au matin, vers 10h, Enrico peut enfin rentrer chez lui. Mais impossible de dormir. Après une journée de stupeur, l’homme qui a aidé à la protection de centaines de personnes revient surveiller le restaurant, fermé par arrêté préfectoral pour les besoins de l’enquête. "Je n’arrive pas à trouver les mots pour expliquer, s’émeut-il. En fait, je n’arrive toujours pas y croire".

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