Attentat de Nice : la personnalité ultra-violente de Mohamed Lahouaiej Bouhlel

FAITS DIVERS

ENQUÊTE – Le tueur de Nice battait sa femme et sa belle-mère. Ces dernières avaient d’ailleurs déposé plainte à plusieurs reprises, selon nos informations. Plus de trois jours après le carnage de la "Prom", metronews dessine les contours du portrait de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un individu qui semblait fasciné par l’ultra-violence.

Un homme violent qui battait sa femme et sa belle-mère. Moins de quatre jours après le carnage de Nice, la personnalité de Mohamed Lahoueij Bouhlel se dessine. Avec en premier lieu, une attirance quasi-frénétique pour l’ultra-violence. Selon nos informations, plusieurs plaintes et mains-courantes ont été déposées auprès des policiers depuis un an par son épouse et sa belle-mère, toutes deux victimes de violences conjugales répétées.  "Elles ont eu à subir des violences dans le cadre familial, des faits qu’elles ont plusieurs fois dénoncés", précise auprès de metronews l’avocat de l’épouse du tueur, Me Jean-Yves Garino.

Des vidéos de violence extrême

Plus que l’adhésion à un groupe terroriste, est-ce la fascination pour l’ultra-violence qui a conduit Mohamed Lahouaiej Bouhlel à s’emparer d’un camion et foncer dans la foule un soir de 14 juillet ? Dans l’ordinateur du tueur de Nice, les enquêteurs auraient retrouvé, rapporte Europe 1 , un certain nombre de liens de visionnage de vidéos de violence extrême. Par ailleurs, des images de décapitations, d’exécutions et de sévices corporels mis en scène par Daech dans des réalisations quasi-hollywoodiennes, ont pu influencer le tueur dans son mode opératoire d’assassinats de masse.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a précisé lundi 18 juillet que le tueur avait fait plusieurs recherches de "vidéos chocs d'accidents mortel". Et qu'il avait pris en photo un article de Nice Matin intitulé : "Il fonce volontairement sur la terrasse d'un restaurateur".

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Plusieurs experts notent que c’est peut-être cette obsession pour la violence qui l’aurait dans un premier temps amené à épouser les codes de l’Etat islamique. Car pour l’heure, aucune motivation religieuse ne semble avoir été décelée par les policiers. Si un des gardés à vue a indiqué que Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait évoqué "l’Etat islamique" auprès de ses proches, rien ne permet à l’heure actuelle d’indiquer qu’il en a épousé l’idéologie.

Conférence du procureur à 16h30

Jusqu’à présent, l’enquête n’a pas établi de lien direct entre lui et des réseaux islamistes. Son entourage est constitué de petits délinquants et trafiquants. Selon une source proche de l’enquête, contactée par metronews, certains d’entre eux sont en lien avec des individus proches de la mouvance islamiste signalés auprès des services de renseignement. Mais reste à savoir quel est le degré de connaissance. C’est justement ce que recherchent les enquêteurs : a-t-il été approché par un prédicateur ?

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Les témoignages dans son entourage attestent d’une personnalité déséquilibrée. "Il a toujours été un peu brutal. Même enfant, il frappait parfois les autres gamins. A la maison, il a cassé des portes, la télévision. Il m’a même endommagé mon camion deux fois. Tout le monde prenait des précautions avec lui", a expliqué à Libération Mondher Lahouaiej Bouhlel, le père du tueur.

Un "dragueur" un peu "lourd"

Un habitant de son ancienne barre d'immeuble où il vivait avec son épouse se souvient lui aussi d'un homme violent, rapporte l’AFP : "Il faisait des crises. Quand il s'est séparé de sa femme, il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coups de poignard et lacéré les matelas." Dans la salle de sport qu'il fréquentait à Nice jusqu'à il y a deux ans environ, il a laissé le souvenir d'un "frimeur", un "dragueur" un peu "lourd", rapporte un témoin. Là, il avait même pris des cours de salsa, et "venait faire du sport pour faire le beau (...) et il dessinait son corps pour plaire".

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Autre élément troublant, Le Parisien révèle que le tueur de Nice entretenait de nombreuses conquêtes féminines et masculines. Parmi celles qui ont été identifiées dans son téléphone portable, un homme de 73 ans est présenté comme son principal amant. Ce qui atteste d'une certaine distance prise avec la religiosité supposée que l’Etat islamique entend imposer. A moins que Mohamed Lahouaiej Bouhlel ait suivi avec assiduité la pratique de la "taqiya", une technique de la dissimulation théorisée par les djihadistes afin de passer sous les radars des services. Une thèse qui paraîtrait étonnante, tant son entourage décrit une personnalité peu structurée, impulsive, à la limite de l’instabilité .

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