Attentat déjoué : prolongation exceptionnelle de la garde à vue des deux suspects toujours silencieux

FAITS DIVERS

JUSTICE - La garde à vue des deux hommes suspectés d'avoir projeté un attentat "imminent" en pleine période électorale a été prolongée samedi matin au-delà des 96 heures, de manière exceptionnelle a appris l'AFP de source judiciaire.

Une mesure exceptionnelle. Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, arrêtés mardi à Marseille et transférés jeudi dans les locaux de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret, ont donc vu samedi leur garde à vue être prolongée au-delà des 96 heures habituelle dans ce genre d'affaire. Une telle prolongation, qui peut porter leur garde à vue à une durée totale de 144 heures, soit six jours, n'est possible que lorsque les investigations font craindre une menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

Il faut dire que les deux suspects, interpellés à la sortie d'un appartement marseillais - où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important composé d'armes et 3 kg d'explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l'emploi - "exercent pour l'instant leur droit au silence devant les enquêteurs", a rapporté une source proche de l'enquête. D'ailleurs, "des investigations à l'international ont été lancées dont on attend les retours".

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Deux hommes, "aussi méfiants que déterminés"

Les recherches visant les deux hommes, fichés "S" (sûreté de l'Etat), s'étaient intensifiées après l'interception par la DGSI, le 12 avril, d'une vidéo d'allégeance au groupe jihadiste Etat islamique (EI). L'enregistrement montrait un pistolet-mitrailleur de type UZI, un drapeau de l'EI, des dizaines de munitions disposées afin d'écrire "la loi du talion" et la une du journal Le Monde du 16 mars, où figurait François Fillon. Les deux hommes, "aussi méfiants que déterminés", se préparaient à mener "une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu'on puisse déterminer avec précision le jour, la ou les cibles visées", avait déclaré mardi le procureur de Paris François Molins.

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Les enquêteurs cherchent à en savoir plus sur leur projet d'attentat et les cibles éventuelles. Compte tenu de l'importance de l'arsenal découvert, l'une de leurs hypothèses est que les deux hommes envisageaient plusieurs attaques. Des éléments, notamment une carte de Marseille accrochée au mur de l'appartement et l'instabilité des explosifs, laissent penser qu'ils entendaient passer à l'acte dans cette ville ou ses environs. "A ce stade des investigations, aucun élément laisse à penser qu'ils comptaient agir ailleurs", dit la source proche de l'enquête.

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Deux hommes soupçonnés de vouloir commettre un attentat avant le scrutin interpellés à Marseille

Les investigations s'attachent aussi à déterminer l'origine de l'arsenal. Clément Baur était connu pour être proche d'islamistes tchétchènes au contact desquels il s'est converti à l'islam radical en 2007 à Nice. Incarcéré pour usage de faux documents, Clément Baur, qui utilisait plusieurs fausses identités tchétchènes, a partagé pendant 40 jours la cellule de Mahiedine Merabet en 2015. Selon son entourage, ce délinquant roubaisien multirécidiviste se serait radicalisé au contact de son cadet.

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