Attentats à Paris : la traque d'éventuels complices

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ATTAQUES - L'enquête sur les attentats qui ont coûté la vie à 17 personnes la semaine dernière ne s'est pas arrêtée avec la mort d'Amedy Coulibaly et des frères Kouachi. La recherche d'éventuels complices vient au contraire de débuter.

"Ce n'est que le début..." Quelques heures à peine après la mort des auteurs présumés des attentats vendredi, l'aveu que nous confiait ce haut responsable de police en disait long sur l'inquiétude des autorités. Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly venaient d'être tués dans les assauts du GIGN et du Raid mais l'enquête sur d'éventuelles complicités, elle, débutait.

Quatre jours après, le flou autour de cette hypothèse est loin d'être dissipé. Il a même grossi avec la mise en ligne sur Internet d'une vidéo montrant Amedy Coulibaly assurant "s'être synchronisé" avec les frères Kouachi. L'attaque de la policière à Montrouge, la prise d'otages porte de Vincennes, et l'explosion d'une voiture y sont mentionnées sur un bandeau déroulant inséré dans l'enregistrement. Des images de l'assaut des unités de police ont également été intégrées. La signature d'un tiers dans le montage ne fait pas l'ombre d'un doute.

"De possibles interpellations à venir"

"Nous considérons qu'il y a effectivement probablement d'éventuels complices", a concédé lundi matin Manuel Valls. Les trois hommes étaient des proches d'une autre figure de l'islamisme radical français, Djamel Beghal, actuellement emprisonné. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer s'il a été récemment en relation avec l'un des terroristes. Les indices constatés dans la planque présumée de Coulibaly, mise au jour samedi soir à Gentilly (Val-de-Marne), montrent qu'elle était occupée très récemment par plusieurs personnes, assure le Parisien . Des armes, des détonateurs, du matériel militaire, des cartes bancaires, des papiers d'identité ou encore plusieurs téléphones y ont été retrouvés.

"Nous sommes en train d'analyser les portables, de comprendre d'où viennent les armes, comment ont-elles été financées et s'ils étaient réellement organisés en réseau", résume une source policière qui évoque "de possibles interpellations à venir". Les frères Kouachi, qui se revendiquent d'Al-Qaïda et Coulibaly, de l'Etat Islamique, forment-ils réellement une de ces cellules dormantes auto-activées appelées de leurs vœux par les organisations islamistes ? Ni Al-Qaïda ni EI n'ont formellement revendiqué ces attentats. Seules certitudes, Saïd et Chérif Kouachi se sont rendus en 2011 au Yémen, place-forte pour les djihadistes. Outre la question d'éventuelles complicités, celle de la surveillance de ces hommes, bien connus des services antiterroristes, se pose. Au printemps 2014, les frères Kouachi n'étaient plus considérés comme une cible prioritaire par ces services, révèle Mediapart. Amedy Coulibaly, qui était jusqu'en mai 2014 sous bracelet électronique, avait lui tout simplement disparu des radars du renseignement français.

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