Attentats de Paris : ce passeport syrien qui pose question

Attentats de Paris : ce passeport syrien qui pose question

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ECLAIRAGE - Zone d’ombre parmi d’autres planant au-dessus des attentats du 13 novembre, le passeport syrien retrouvé près d’un des kamikazes du Stade de France pose question. "Metronews" fait le point sur ce qu’on sait de cette découverte.

Des papiers qui posent question. Vendredi 13 novembre, les enquêteurs de police découvrent, près du corps du kamikaze qui vient de se faire exploser devant la porte D du Stade de France, un passeport syrien au nom de Ahmad Al Mohammad. L’individu, inconnu des services de renseignement français, serait né le 10 septembre 1990 à Idleb, au nord-ouest de la Syrie.

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Un faux passeport
Sauf que dès dimanche, Christiane Taubira, ministre de la Justice, affirme que ce passeport "est un faux". L’AFP a par ailleurs affirmé ce mardi, en citant des sources proches du dossier, que l’identité figurant sur ce passeport ne serait pas celle du terroriste. Le nom de Ahmad Al Mohammad correspondrait en fait à un soldat syrien de Bachar El-Assad, tué il y a déjà plusieurs mois. Deux hypothèses sont donc envisageables : le document d’identité pourrait soit avoir été récupéré, soit fabriqué à partir du nom de ce soldat.

Autre fait troublant, le quotidien Blic indique qu’un homme aurait été interpellé dans un camp de Serbie en possession d’un passeport, lui aussi au nom de Ahmad Al Mohammad, lui aussi né en 1990 à Idleb. Seule la photo diffère dans la comparaison de ces deux documents, qui pourraient provenir du "même faussaire en Turquie", selon le journal serbe.

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Une identité réelle qui reste à déterminer
Reste donc à savoir qui se cache derrière ces faux papiers. Le seul élément connu à ce jour sur ce kamikaze provient des autorités françaises qui, lundi, ont confirmé que ses empreintes papillaires correspondent à un enregistrement en Grèce, sur l’île de Leros, le 3 octobre dernier.

La suite de son parcours, elle aussi, commence à prendre forme. Selon Le Monde , le terroriste aurait gagné la Serbie par le poste-frontière de Presevo afin d’y faire sa demande d’asile. Le 8 octobre, il a rejoint le camp d’Opatovac, en Croatie. Il aurait ensuite mis le cap sur la Hongrie. En Serbie, le ministre des Affaires sociales a d’ores et déjà annoncé des contrôles aux frontières renforcés.

Mais à propos de ce passeport, Berlin a souhaité mettre en garde contre d’éventuelles "fausses pistes" volontairement laissées par l’Etat Islamique sur les lieux du drame. L’idée ? "Politiser et radicaliser la question des réfugiés en Europe". Ce mardi, le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a assuré disposer "d'indications" laissant penser que le passeport syrien retrouvé sur le lieu des attentats de Paris est une "manœuvre" orchestrée par le groupe Etat islamique.

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