Attentats de Paris : ces quatre amis qui auraient "armé" Amedy Coulibaly

FAITS DIVERS

JUSTICE - Quatre proches d'Amedy Coulibaly ont été mis en examen mercredi pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes". Qui sont ces hommes de l'ombre qui auraient apporté, sans le savoir selon leur défense, leur soutien logistique à un terroriste ?

Ils sont amis d'enfance, ont grandi dans la cité de Grigny (Essonne), et sont connus de la police. Mais depuis mercredi matin, Tonino G., Christophe R. et Willy P. , "frères d'embrouilles" sont passés "à un autre niveau". "On parle désormais du 'réseau logistique' d'un terroriste", commente une source proche du dossier.

Mis en examen mercredi pour avoir apporté leur soutien en armes, matériel, et véhicules à Amedy Coulibaly, ils ont néanmoins échappé au chef de complicité d'assassinats. Mais comment ces trois comparses qui selon le procureur de Paris, "s'étaient rendus à 3 ou 4 reprises à la fin du mois de décembre 2014 dans des armureries afin d'acquérir le matériel pour le compte" de celui qui tuera un mois plus tard une policière à Montrouge et quatre personnes dans une épicerie casher, pouvaient-ils ignorer les projets de leur ami ?

"Il n'était ni au courant de ses intentions criminelles, ni de sa radicalisation", assure Fabrice Delinde, l'avocat de Willy P., joint par metronews. Il reconnaît les faits qui lui sont reprochés mais jamais il n'a imaginé ce que Coulibaly était en train de préparer". Me Delinde parle de son client comme un jeune homme de 28 ans "terrorisé" par le preneur d'otages de la porte de Vincennes. "Il était violent avec lui, il en avait peur donc il faisait tout ce qui lui demandait", avance-t-il.

Sa colocataire, citée par l'AFP, assure elle aussi qu'il "n'avait aucun lien avec les terroristes". "Je veux bien croire qu'il ait fait des petites conneries, qu'il ait volé ou conduit sans permis. Mais c'est tout", assure la jeune femme certifiant qu'Amedy Coulibaly "n'a jamais mis les pieds" dans l'appartement. Selon elle, Willy était "choqué" par les actes du djihadiste. "Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Ce n’était pas la peine", aurait-il même commenté.

Même son de cloche dans son entourage qui décrit un "colosse un peu influençable" mais sans "l'étoffe d'un grand délinquant". Willy, qui collectionne néanmoins les condamnations pour vol aggravé, conduite sans permis, outrage à personne dépositaire de l'ordre public, intéresse particulièrement les enquêteurs. "Outre la Mégane qu'ils auraient achetée ensemble, il aurait pu fournir au djihadiste une moto Suzuki à Coulibaly", détaille une source policière.

Christophe R., 25 ans, a également été condamné six fois "pour violence aggravée, vol aggravé et recel et conduite sans permis". Père d'une petite fille, il ne faisait cependant plus parler de lui depuis 2009. Sa femme a aussi été placée en garde à vue dans cette enquête avant d'être relâchée.

Tonino G., 22 ans, est connu de "la police locale" mais n'a, selon le parquet de Paris, aucun antécédent judiciaire. "Il est rigolo, calme et serviable", a raconté une connaissance à l'AFP.

Un quatrième homme, Michaël A., a également été mis en examen pour les mêmes faits mercredi ainsi que pour "détention, port ou transport d'armes". Lui n'a pas connu Amedy Coulibaly dans son enfance mais lors d'un récent séjour en prison. Il a été identifié sur la crosse, la culasse, le chien et la détente d'un pistolet automatique et d'un revolver de type Tokarev, deux armes retrouvées au domicile de Coulibaly à Gentilly, a détaillé le parquet. Son "profil génétique" était également présent sur un gant retrouvé dans l'Hyper Cacher. Dans les semaines et les jours qui ont précédé les attentats, il n'a eu de cesse d'être en contact téléphonique avec Amedy Coulibaly.

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