Attentats de Paris : entre larmes et fausses alertes, un recueillement sous haute tension

Attentats de Paris : entre larmes et fausses alertes, un recueillement sous haute tension

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ÉMOTIONS - Malgré l'interdiction de rassemblement, de nombreux Parisiens sont venus se recueillir dimanche dans le secteur des attentats qui ont frappé la capitale. Un hommage digne et silencieux, jusqu'à ce que de fausses alertes viennent faire paniquer la foule.

A fleur de peau. Regards rougis par les larmes ou dans le vague, visage défait ou grave, des milliers de Parisiens sont venus rendre hommage aux nombreuses victimes des attaques qui ont frappé Paris vendredi soir. "Montrer qu'on n’a pas peur", "ne pas rester seul", "être là pour les innocents qui sont tombés" : dans la foule, braver l'interdit des autorités de se rassembler sonne comme un acte de résistance face à la peur et aux terroristes, qui en s'en prenant à notre mode de vie on voulu aussi le changer. 

"Après la barbarie, c'est important de tous se rassembler autour de nos valeurs, explique à metronews Cédric, venu offrir des free hugs (des câlins) aux personnes présentes Place de la République. Les gens me disent que ça fait du bien de recevoir de l'affection dans ces moments-là".

Des instants en ce lieu symbole des attaques à Charlie Hebdo et à l'Hyper Casher en janvier dernier, qui rappellent évidemment ceux vécus en début d'année. Un peu plus loin, alors qu'une Marseillaise retentit près du périmètre de sécurité autour du Bataclan, devant les nombreuses bougies, une fillette demande à sa mère :

- "On peut les souffler ?"
- "Non ma chérie, il ne faut pas"
- "Pourquoi ?"
- "..."

"Quelles que soient ses idées, ses revendications, rien ne justifie ça"

Un mutisme qui illustre combien il est difficile d'expliquer ce qui se passe à des enfants. D'autant que face à l'horreur, les adultes ont souvent du mal à trouver des mots. "Comment peut-on faire une telle chose à des innocents ?, s'interroge Mireille venue avec sa voisine déposer un bouquet de fleur sur grille du square du Bataclan, sur le Boulevard Richard-Lenoir. Quelles que soient ses idées, ses revendications, rien ne justifie ça". "En colère", la sexagénaire étouffe sa rage dans un début de sanglot, tandis que son amie Marie-France lui prend le bras.

A quelques rues de là, alors que l'on approche des restaurants et des bars mitraillés par Daech, l'atmosphère est encore plus lourde et le chagrin plus pesant. Plus silencieux, aussi. Car, ici, rue de la Fontaine au Roi, pas de périmètre de sécurité élargi, les Parisiens font face aux nombreux impacts de balles sur la devanture de la Bonne bière. Et à la mort. 

Soudain, la Place de la République se vide en quelques secondes

Lucy, une jeune anglaise qui fait ses études en France, a d'ailleurs failli perdre une amie (blessée et toujours hospitalisée) à cet endroit : "C'est horrible ce qui s'est passé, mais c'est réconfortant de voir tout ce monde", nous confie-t-elle. La foule est d'ailleurs encore plus dense rue Alibert, entre le Petit Cambodge et Le Carillon, deux autres établissements martyrs. Au pied des rideaux de fer tirés, il y a tellement de bougies que certaines fleurs prennent feu.

Beaucoup moins vite, de tout même, que la vitesse à laquelle les rumeurs circulent dans ce Paris traumatisé par ce funeste vendredi 13 novembre. Peu vers 18 h 30, la simple évocation d'une éventuelle fusillade "vers Saint-Paul" ou "rue de Rivoli" et un bruit de pétard vaguement entendu ont suffi à vider la Place de la République en quelques secondes. Tables des terrasses de café renversées et mouvement de panique, tout le monde trouve refuge où il peut. "On a entendu une fille crier barrez-vous !, alors on a couru", raconte encore essoufflé un jeune homme tapi dans une pharmacie. C'était une fausse alerte, mais ici, tout le monde, Parisiens, comme forces de l'ordre, est à cran. Preuve que notre quotidien n'est effectivement plus le même depuis vendredi soir.

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