Attentats de Paris et de Bruxelles : petit à petit, le voile se lève sur les donneurs d’ordre

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Les attentats du 13 novembre, trois ans après

ENQUÊTE – Un des planificateurs des attentats a été formellement identifié. D’autres noms circulent au sein de la communauté du renseignement. A l'approche des un an des attentats du 13 novembre, LCI revient sur les derniers déroulés de l'enquête.

Abdelhamdi Abaaoud n’était pas le "cerveau" des attentats. Celui qui fut surnommé le "Boucher de Raqqa" pour avoir traîné des corps à l’arrière de son 4X4 en Syrie n’était en fait qu’un exécutant. Au mieux un coordinateur des opérations kamikazes du Stade de France et des fusillades sur les terrasses parisiennes. Mais en aucun cas un donneur d’ordre, contrairement à ce que les premiers éléments de l’enquête laissaient croire.

"Abou Ahmad" est bien Oussama Atar

Un an après les attentats, la nébuleuse terroriste du 13 novembre n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais les enquêteurs ont acquis certaines certitudes. Notamment celle que derrière l’alias "Abou Ahmad Al-Iraqi", un nom de guerre qui revient à plusieurs reprises dans les discussions des terroristes  du 13 novembre et de Bruxelles, se cache en fait un certain Oussama Atar. Selon les informations du Monde, confirmées à LCI par une source proche de l’enquête, les services de lutte antiterroristes belges ont formellement identifié ce belgo-marocain. 


Avant que le nom ne remonte aux Français. Selon nos informations, son identité a été pour la première fois évoquée par la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) dans une note datant d’août 2016. Les enquêteurs français ont acquis la conviction, même si aucune preuve formelle n’a été retrouvée – pas d’ADN, pas d’écoute –, qu’Oussama Atar a coordonné depuis la Syrie les commandos parisiens et bruxellois. Une thèse, au départ de travail, qui a été confirmée par un Algérien arrêté en Autriche en décembre dernier. Cet homme, qui aurait dû lui aussi se faire exploser au Stade de France avec un autre Pakistanais, n’avait pas pu rejoindre Paris à temps. Au cours de ses interrogatoires, il a formellement reconnu sur planche photographique Oussama Atar, répondant au nom d’"Abou Ahmad Al-Iraqi".


Ce vétéran du djihad, âgé de 32 ans, est par ailleurs désigné par les enquêteurs comme le recruteur des deux kamikazes irakiens qui se sont fait exploser autour du Stade de France. Autre indice qui amène les enquêteurs sur sa piste, c’est le lien du sang. Il est en effet le cousin des frères El-Bakraoui. Tous deux lui ont soumis leur plan d’action avant de se faire exploser à Bruxelles le 22 mars. 

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Abdelilah Himich, autre "planificateur" possible

Un autre nom est sorti, cette fois-ci Outre-Atlantique. Les services secrets américains pensent avoir identifié le "planificateur" du 13 novembre. Un certain Abou Souleymane al-Faransi, de son vrai nom Abdelilah Himich. Cet homme d’origine marocaine, a grandi à Lunel, d’où sont partis une vingtaine de djihadistes. Les Américains pensent qu’il a soufflé en personne à Abou Bakr al-Baghdadi les projets d’attentats, avance même Le Figaro.


Présenté comme un des Français les plus hauts placés au sein de l’état-major de l’auto-proclamé califat, Himich est un ancien militaire. Il s’est engagé dans la Légion étrangère en 2008 et a été envoyé dans les rangs de l’armée française, en Afghanistan, avant de faire défection. La CIA est persuadée que c’est en réalité ce Français qui est le principal donneur d’ordre et penseur de la vague d’attentats à Paris et Bruxelles. Les magistrats du pôle antiterroriste restent sceptiques quant à cette information. Pour eux, seul Atar est à l’heure actuelle identifié avec quasi-certitude.

D’autres noms ?

Outre ces deux noms, les magistrats instructeurs auraient établi une liste de dix identités, suspectées d’être les organisateurs, depuis les rangs de Daesh, de l’envoi de terroristes en France et en Belgique. Selon RTL, Abou Ahmad figure parmi cette liste de noms. Une source au sein de la communauté du renseignement nous concède que les projets d’attentats ne germent pas et "ne se décident pas uniquement par une seule personne". Selon nos informations, d’autres noms circulent dans les services de renseignement. Des noms qui pourraient être révélés d’ici la fin de semaine dans des publications spécialisées.

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