Attentats de Paris : le logeur de Saint-Denis admet s'être douté que ses locataires étaient des terroristes

FAITS DIVERS
TERRORISME – Selon Le Monde, qui a pu consulter le dossier de l'enquête, Jawad Bendaoud, qui hébergeait trois terroristes dans un appartement de Saint-Denis, aurait reconnu face aux enquêteurs qu'il "se doutait" de l'identité de ses locataires.

"Je m'en doutais, mais je voulais prendre l'argent". Après avoir nié tout lien avec les terroristes qu'il hébergeait, Jawad Bendaoud, le logeur présumé de l'appartement de Saint-Denis, a finalement reconnu lors de sa garde à vue s'être douté que ses locataires étaient liés aux attentats qui avaient frappé Paris cinq jours plus tôt, rapporte Le Monde.

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Mercredi 18 novembre au petit matin, Jawad était devenu le pied nickelé le plus célèbre de France. Alors que les hommes du RAID prenaient d'assaut un appartement délabré de Saint-Denis où se sont retranchés Abdelhamid Abbaoud, sa cousine Hasna Aït Boulahcen et un troisième terroriste non identifié, il était apparu à la télévision, expliquant être le propriétaire de l'appartement, mais n'avoir pas su qui étaient les trois occupants. "J'étais pas au courant que c'étaient des terroristes, moi. (…) Si je savais vous croyez que je les aurais hébergés ?", s'était-il justifié avant d'être interpellé par la police.

"Sur le Coran de la Mecque c'est des terroristes"

En garde à vue, face aux enquêteurs, Jawad Bendaoud nie tout lien avec les terroristes. Mais des échanges de SMS viennent contredire sa version des faits. A sa petite amie, qui lui reproche de ne pas l'avoir écoutée alors qu'elle "(s)'en doutait", Jawad répond que "Tous les mecs de ma rue, hier, ils rigolaient, ils m’ont dit t’es un OUF, tu ramènes des mecs de Belgique, deux frères MUS. (…) Sur le Coran de la Mecque c’est des terroristes, nous on rigolait, bah on s’en bat les couilles, moi je les héberge", révèle Le Monde .

Le marchand de sommeil finit par revenir sur sa version des faits. "J’ai douté, il y avait un truc pas clair, mais je ne vais pas prendre vingt ans pour ça", finit-il par expliquer. Mais plus qu'une complicité idéologique, il défend un intérêt purement financier : "Je m'en doutais, mais je voulais l'argent".

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