Aulnay-sous-Bois : Djamel, 34 ans, affirme avoir été agressé par la police quelques jours avant Théo

Aulnay-sous-Bois : Djamel, 34 ans, affirme avoir été agressé par la police quelques jours avant Théo
FAITS DIVERS

FAIT DIVERS – Djamel Dib, 34 ans, raconte ce mercredi dans les colonnes de Libération avoir été agressé par des policiers d’Aulnay-sur-Bois (Seine-Saint-Denis), presque au même endroit que Théo et trois jours avant que cette affaire n’éclate. Les faits ont été filmés.

Quelques jours après le début de l'affaire Théo, Mohamed K., un de ses amis, livrait un nouveau témoignage. Le jeune homme de 22 ans racontait avoir été lui aussi victime, un peu avant Théo, de violences de la part de policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Une enquête de l’IGPN avait alors été ouverte. 

Une semaine presque exactement après ces nouvelles dénonciations, c’est Libération qui, ce mercredi, publie un autre témoignage. Celui de Djamel Dib, 34 ans, animateur à la ville d’Aulnay. Dans le quotidien, le trentenaire accuse les fonctionnaires de la commune de Seine-Saint-Denis affectés à la BST de l’avoir agressé trois jours avant Théo L. 

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"Bouge de là fils de pute"

Le 30 janvier dernier à 16h15, Djamel Dib vient de terminer sa journée de travail. L’animateur de la ville d’Aulnay-sous-Bois raconte à Libération qu’il est alors en voiture, rue Auguste Renoir, en route pour aller chercher ses enfants à la crèche. Un véhicule aurait alors grillé un Stop et lui aurait coupé la route par la droite. Contraint de piler, le trentenaire redémarre mais est à nouveau bloqué par une voiture. 

Il ajoute que ce véhicule n’est pas sérigraphié de la police, qu'il n'a pas de gyrophare, et que les quatre occupants ne sont pas en tenue. Mais l'un d'eux lui aurait alors lancé : "Bouge de là fils de pute". Djamel Dib comprend que les personnes qu’il vient de croiser sont des policiers et demande des excuses.  Le ton monte, les insultes fusent. 

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"Il m’a attrapé eu niveau de la gorge"

"Deux policiers sont sortis de leur voiture, je suis sorti moi aussi, raconte Djamel Dib à nos confrères.  Un des agents est arrivé vers moi et m’a tout de suite poussé violemment. Puis il a tenté de m’attraper le bras, je me suis débattu, et au même moment, son collègue est arrivé par derrière et m’a attrapé au niveau de la gorge". 

 

Un passant a alors filmé la suite, il est 16h18. Quelques secondes de vidéo que la rédaction de Libération a pu visionner. Sur celles-ci, décrit le journal, Djamel Dib est plaqué contre sa voiture par deux fonctionnaires, dont un qui lui fait une clé d’étranglement. Djamel DIB indique que l’étranglement aurait duré une trentaine de secondes. "J’ai cru que j’allais mourir, je n’arrivais plus du tout à respirer. Puis le deuxième policier m’a fait lourdement chuter à terre avec une balayette. Je suis tombé sur le coude. Et une fois à terre, pendant qu’un policier me faisait une clé d’épaule, un autre m’écrasait la tête contre le son avec son genou". 

Menacé avec un Taser

Djamel Dib, et Hicham, 24 ans, l'auteur de la vidéo, poursuivent leur récit : un des policiers serait parti chercher un Taser dans sa voiture et l’aurait mencé avec le pistolet à impulsion électrique en lançant à plusieurs reprises : "Tu veux que je tire ?". Djamel Dib leur aurait signalé ensuite avoir mal à l’épaule, avant d’être menotté et embarqué dans la voiture de police. 

"Ferme ta gueule, arrête de pleurer", auraient rétorqué des fonctionnaires. Djamel Dib aurait alors indiqué travailler à la Ville, être père de famille. "Je ne vais pas laisser passer ça, je vais en parler au maire". Les policiers auraient subitement changé d’attitude. Après s’être garés, ils auraient enlevé les menottes de Djamel Dib, puis l’auraient laissé partir. 

Il n’a pas été à l’IGPN

Le médecin de Djamel Dib lui aurait par la suite prescrit 5 jours d’ITT. L’animateur se serait ensuite rendu au commissariat d’Aulnay pour porter plainte, "ce qu’on lui refuse au motif que les fonctionnaires concernés seraient de la même maison", peut-on lire dans Libération. Même réponse au commissariat de Villepinte selon nos confrères. 

Interrogée par le quotidien sur ces faits, la préfecture de police répond qu’elle ne "communique pas sur les cas nominatifs". " Pour des raisons personnelles, Djamel Dib n’a pas pu se rendre à l’IGPN", ajoute Libé, précisant que Djamel Dib avait eu de nombreuses fois affaire à la police mais qu’il n’avait jamais été "brutalisé". Selon lui, l’affaire Théo L. l’aurait motivé à parler… C’est chose faite. Il précise par ailleurs qu'il pourrait reconnaître deux des policiers. 

 Le parquet de Bobigny a décidé ce mercredi de saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

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