Aulnay-sous-Bois : quatre policiers en garde à vue pour viol lors d'une interpellation

Aulnay-sous-Bois : quatre policiers en garde à vue pour viol lors d'une interpellation
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BAVURE POLICIÈRE - Selon une information révélée par Le Parisien et confirmée à LCI, quatre policiers du commissariat d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ont été placés en garde à vue et sont soupçonnés de viol en réunion lors d'une interpellation.

Dans le quartier de la Rose-des-Vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), l’interpellation d’un jeune homme de 22 ans s’est transformée en fait divers tragique jeudi dernier. Selon une information révélée par Le Parisien et confirmée à LCI, quatre policiers du commissariat local ont ensuite été placés en garde à vue dans les locaux de l'inspection générale de la police nationale (IGPN). 

Les quatre membres des forces de l’ordre sont soupçonnés de viol en réunion sur la personne interpellée. Sérieusement blessé lors de l’intervention musclée des policiers dans le cadre d’un contrôle de police, la victime, M., 22 ans, a été opéré dans la nuit de jeudi à vendredi à l’hôpital Ballanger, à Aulnay-sous-Bois.

L'interpellation filmée par les caméras de vidéosurveillance

"M. était juste sorti apporter une paire de baskets à une copine", raconte au Parisien la mère de la victime, présente au chevet de son fils. Survenue jeudi après-midi, l’interpellation a eu lieu sous les yeux des habitants du quartier. Sur les images de vidéosurveillance, les quatre fonctionnaires mettent à terre le jeune homme avant de l'embarquer violemment dans leur voiture.

La grande sœur de M., qui rentrait du travail au moment des faits, explique être arrivée juste après l'interpellation : "J'ai vu les regards dans le quartier se tourner vers moi. Un jeune est venu me voir, m'a dit : M.  a été embarqué, on n'a rien pu faire, on a été gazés. Désolé. Et il m'a tendu une basket de M., c'est tout ce qu'ils avaient pu récupérer de lui."

Des "lésions importantes" confirmées par l'examen médical

Dans la foulée, la jeune femme appelle ses frères pour en savoir plus sur les faits. L'un d'eux, déjà présent au commissariat, affirme avoir vu le visage tuméfié de son frère, alors conduit en hôpital en fauteuil roulant. Ce n’est qu’aux environs de 22 heures que la famille apprendra que M. a été pris en charge à l'hôpital.

Selon une source proche du dossier interrogée par Le Parisien, le jeune homme se serait plaint de "saignements à la bouche et à l’anus" et aurait expliqué que l’un des quatre policiers lui aurait introduit une matraque télescopique dans l’anus alors qu’il tentait de le maîtriser. Toujours selon la victime, les violences se seraient déroulées sur la voie publique. L'examen médical pratiqué à l'hôpital d'Aulnay confirmerait des "lésions importantes", correspondant "clairement à l’introduction d’un objet."

La matraque télescopique du policier en cours d'examen

Quant aux policiers concernés, leur version diffère selon l'un de leurs collègues. Ils confirmeraient des coups de matraque télescopique, expliquant les avoir donnés car ils ne parvenaient pas à maîtriser "ce grand costaud". Sur les images filmées par les caméras de vidéosurveillance, les quatre policiers auraient donné des coups au niveau des jambes à la victime avant de la faire tomber. Cependant, une personne ayant visionné la scène indique ne pas avoir "identifié de gestes à connotation sexuelle."

L’interpellation aurait également été filmée par les habitants du quartier, présents en nombre au moment des faits. Une "cinquantaine de personnes étaient présentes", indique un policier. Les images ainsi que la matraque télescopique du policier sont en cours d'examen. Vendredi soir, les gardes à vue des quatre suspects, appartenant à la brigade spécialisée de terrain (BST), devaient être prolongées. Ils devraient être déférés ce soir, en vue de leur probable mise en examen par un juge d’instruction de Bobigny. La famille de M. a annoncé son intention de déposer plainte.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a dit "souhaiter que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires". "L'enquête, et notamment l'exploitation des images du dispositif de vidéoprotection de la ville, ainsi que celles qui auraient été tournées par plusieurs témoins, permettra à la justice d'établir la vérité des faits", a-t-il poursuivi dans un communiqué, ajoutant que "s'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n'ont pas été scrupuleusement respectées, des sanctions adaptées seront évidemment prises".

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