Avalanche à Tignes : "Il y a plus de risque d’être percuté que d’être emporté par une coulée"

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INTERVIEW – Sommes-nous vraiment en sécurité sur les pistes de ski ? La question s’est posée ce mardi après qu’une coulée de neige a surpris les utilisateurs d’une piste bleue sur le domaine de Tignes. Nous l’avons posée à Frédéric Jarry, chargé de mission à l’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches.

Aucune victime mais une sacrée frayeur. Ce mardi matin à 9 h 50, une coulée de neige a traversé une piste bleue du domaine de Tignes. Un évènement qui n’est pas si rare et qui se produit plus régulièrement qu'on pourrait le penser, comme nous l'explique Frédéric Jarry, chargé de mission à l’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches. 

Comment une telle avalanche peut-elle se produire sur une piste ?

Frédéric Jarry détaille "deux cas de figure" pour expliquer le déclenchement d'une avalanche  : une cause naturelle, due à la surcharge de neige ou à la casse d’une corniche, entraînant une coulée de neige sur la piste ; une cause humaine comme ce fut le cas lors de la tragique avalanche survenue à Tignes le 13 février dernier

Quels sont les risques ?

"Nous sommes en montagne, on a l’habitude de dire que le risque zéro n’existe pas, même si tout est fait pour sécuriser les pistes", assure Frédéric Jarry. "Les pisteurs font le maximum" pour anticiper les risques en déclenchant des avalanches "avant l'ouverture des pistes". Cela n'est parfois pas suffisant. Il nous cite l'exemple de Saint-François-Longchamp où une avalanche est venue détruire un télésiège de la station savoyarde en 2012, là encore sans faire de blessés. Sur une piste, en vingt ans, quatre personnes ont perdu la vie lors d'une avalanche. Le dernier accident mortel remonte au 29 mars 2013 aux Arcs. "Il y a plus de risque d'être percuté par quelqu'un ou de se faire mal seul bêtement que d'être emporté par une avalanche en skiant sur une piste", insiste-t-il.

Sur piste, doit-on s'équiper de détecteur de victime d'avalanches ?

"Il y a une grande part d'imprévisbilité" dans le phénomène des avalanches, souligne Frédéric Jarry. Alors, mieux vaut-il prévenir que guérir et partir skier avec un équipement spécial utilisé par ceux qui pratiquent le hors-piste ? "Ce n'est pas nécessaire", rassure-t-il. Pour les plus précautionneux, il cite néanmoins le système RECCO intégré dans la plupart des vêtements de ski qui permet d'être repéré sous la neige par les secouristes. "C'est une forme de chien électronique", explique-t-il avant de marteler que "le risque est très faible par rapport aux nombres de gens qui skient sur les pistes chaque année".

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Dans les Alpes, la prudence règne face au risque d’avalanches

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