Avortée par erreur à quatre mois de grossesse, la justice va se prononcer

FAITS DIVERS

IRRÉPARABLE - Alors qu’elle venait pour un cerclage du col de l’utérus, une jeune femme enceinte de quatre mois s’est vu administrer un médicament abortif par erreur. Le tribunal correctionnel de Lille doit statuer sur la responsabilité pénale de l’hôpital et du personnel soignant, six ans après les faits.

C’est une méprise lourde de conséquences. Le 9 mai 2011, Zahra, une femme enceinte de quatre mois, se rend à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Lille pour un cerclage du col de l’utérus, une intervention qui consiste à resserrer le col utérin pour éviter les risques de fausses couches et d’accouchements prématurés. Elle est alors installée dans une chambre voisine d’une autre femme, venue pour une interruption volontaire de grossesse (IVG). 

Un peu plus tard, une sage-femme, alors en stage, vient la voir dans sa chambre et donne à Zahra un médicament abortif. "Elle ne m’a même pas demandé mon nom, ni pourquoi j’étais là, confie-t-elle à nos confrères de l’Express. Elle est simplement entrée dans la pièce, m’a dit de mettre le comprimé dans mon vagin et est repartie." Et ce qui devait arriver, arriva…

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Dans un premier temps, les médecins suggèrent qu’il s’agit d’un avortement spontané, probablement dû à son surpoids. Mais deux jours plus tard, le personnel hospitalier finit par comprendre l’erreur en retrouvant l’emballage dans une poubelle. La clinique Saint-Vincent-de-Paul présente alors très vite des excuses publiques, alors que l’affaire n’est pas encore portée devant la justice. 

Ce mercredi 26 avril, le tribunal correctionnel de Lille a examiné la responsabilité pénale des protagonistes. L’avocate de Zahra, contacté par LCI, Me Blandine Lejeune explique que sa cliente, ainsi que son mari, ont engagé des poursuites contre l’hôpital, la sage-femme stagiaire et l’infirmière pour "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de plus de trois mois". La jeune femme ayant fait une longue dépression suite à cette erreur médicale. 

"Le procureur a requis une amende avec sursis pour la sage-femme et l’infirmière ainsi qu'une amende de 15.000 euros pour l’hôpital", ajoute-t-elle. Suite à l’audience qui a eu lieu ce mercredi, le jugement a été mis en délibéré et ne devrait être rendu que le 12 juillet prochain. Ce volet pénal intervient quelques mois après l'action civile qui a déjà permis au couple d’obtenir en appel près de 35.000 euros de dommages et intérêts. 

Malgré tout, le couple en veut plus à l’hôpital qu’à la sage-femme. "Nous ne comprenons pas comment une stagiaire a pu donner seule un tel médicament", s'exclame l’avocate.

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