Le Samu de Bayonne menacé après le décès de Naomi Musenga, un homme arrêté

Le Samu de Bayonne menacé après le décès de Naomi Musenga, un homme arrêté

ENQUETE - Un homme a été interpellé jeudi 10 mai et placé en garde à vue à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) après une série d'appels "insultants" et menaçants mettant en cause le Samu dans le décès de Naomi Musenga.

Dix-neuf coups de fils "insultants" et "agressifs" en une seule soirée ! Mercredi 9 mai, lors d'une nuit particulièrement chargée en appels, le Samu de Bayonne (Pyrénées-Atlantique) a dû faire face aux menaces insistantes d'un homme. En cause, le décès de Naomi Musenga,  cette jeune femme décédée à l'hôpital de Strasbourg fin décembre après un appel pris à la légère par le Samu.

Car parmi les menaces, une revient en boucle : "Vous allez payer pour ce que vous avez fait (...) Vous êtes responsable de la mort de Naomi", rapporte le Dr Tarak Mokni, responsable du Samu au Centre hospitalier de la Côte basque. Ce dernier a déposé plainte jeudi 10 mai pour "harcèlement" et "outrage", confirmant une information du quotidien Sud-Ouest.

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L'individu interpellé

"Nous sommes restés très professionnels, mais 19 appels très ciblés sur le Samu, c'était trop, ça déstabilisait l'équipe, elle était perturbée. Doublement perturbée car mon équipe avait le sentiment que leur métier était 'saccagé'", a poursuivi le Dr Tarak Mokni. "Une phrase revenait souvent chez eux: 'Avec tout ce qu'on fait, on n'a plus qu'à changer de métier'".

Une fois la plainte déposée et la police "mise dans la boucle", l'auteur des appels a été identifié. Agé de 38 ans, "fortement alcoolisé", il a été interpellé et laissé en liberté au terme de sa garde à vue jeudi en fin d'après-midi, a indiqué la police. Il fera l'objet de poursuites.

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Le Dr Mokni souligne qu'il "n'aurait jamais porté plainte" s'il s'était agi de paroles agressives venant par exemple "de gens déboussolés, qui ont été déçus par le Samu, qui revivent des déceptions". "Avec l'histoire de Strasbourg cela peut resurgir, (mais) ceux-là je ne leur en veux pas". "Mais ce qu'on a subi à Bayonne dans la nuit de mercredi à jeudi, c'est intolérable, a-t-il lancé. "Oui, il y a eu faute à Strasbourg. De là à saccager le métier et perturber le personnel soignant, non !"

Selon Tarak Mokni, "d'autres Samu ont subi des insultes depuis cette affaire, on a eu des retours, des gens qui appellent en disant 'vous n'allez pas faire comme à Strasbourg'".

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