Bébé retrouvé mort dans la Creuse : des parents au parcours chaotique

FAITS DIVERS

ENQUETE - Quatre jours après la disparition du petit Loan à Chénérailles, dans la Creuse, les parents du bébé sont passés aux aveux dimanche. A demi-mot, ils ont reconnu le meurtre, parlant de "punition qui a mal tourné". Le couple, qui était suivi par les services sociaux, présente un parcours difficile, marqué par la violence.

Leur récit était ponctué d'incohérences, trop décousu. Placés face à leurs contradictions, Cédric D. et Christelle M., en garde à vue depuis samedi soir, ont fini par craquer dimanche. Leur petit Loan, âgé de 4 mois, n'a pas été kidnappé près d'une aire de loisirs à Chénérailles (Creuse) comme ils tentaient de le faire croire depuis quatre jours.

Cet homme et cette femme, âgés de 31 et 24 ans, ont donc guidé les enquêteurs vers un étang, près duquel ils avaient enterré le corps, "tous les deux", a précisé le procureur de la République de Guéret, Sébastien Farges. Ils ont évoqué une "punition qui a mal tourné et aux conséquences inattendues et non souhaitées". Mais cette explication peine à convaincre tant le climat de violences semblait prédominer dans ce couple suivi par les services sociaux et installé depuis trois ans à Lavaveix-les-Mines, dans une petite maison à l'écart du village.

Une mère sous influence ?

Le père était défavorablement connu de la justice. Il avait notamment été condamné en février pour "violences" par le tribunal de Guéret. De l'aveu même de sa belle-mère, il "maltraitait" et "dominait" sa fille. "Christelle m'en avait un peu parlé", a-t-elle confié au Parisien. Cédric serait même allé jusqu'à menacer son beau-père avec un couteau. "Je me suis toujours méfié de ce garçon. Il n'avait rien de bien ni de bon", a commenté celui-ci.

Une ancienne amie de Christelle, contactée par metronews, dresse de son côté le portrait d'une jeune femme "sous influence". "Malgré les coups, elle n'arrivait pas à quitter Cédric, glisse-t-elle. Il l'a forcément entraînée dans sa chute". Mais un proche de la jeune maman se montre bien plus sévère : "Elle nous a manipulés en nous racontant un tissu de mensonges. Comment a-t-elle pu nous faire croire que le gamin avait disparu alors qu'il était mort ? Christelle savait que Loan était fragile." Dimanche, Sébastien Farges disait s'interroger sur l'implication exacte de celle-ci : "Les rôles de l'un et de l'autre sont beaucoup plus liés que ce qu'ils veulent bien nous dire".

Et si le magistrat s'était refusé au début de l'enquête à comparer l'affaire avec la disparition de la petite Fiona en mai 2013, les aveux du couple dimanche permettent désormais le parallèle. Cécile Bourgeon et Berkane Maklouf avaient également fait croire à l'enlèvement de l'enfant dans un parc de Clermont-Ferrand avant d'avouer l'avoir enterrée près du lac d'Aydat. Mais le corps de Fiona n'a lui jamais été retrouvé. L'autopsie de Loan devrait permettre de savoir ce qui s'est réellement passé quelques heures avant sa mort.

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