Bonbonnes de gaz à Paris : l’étrange profil d'Amine A., alias "le gendarme"

ENQUÊTE - Le profil d’Amine A., l’un des trois individus mis en examen dans l’affaire des bonbonnes de gaz retrouvées dans un immeuble du XVIe arrondissement de Paris, intrigue les enquêteurs. Ce dernier avait joué un étrange rôle d’informateur dans un autre dossier d'islamistes radicaux : Forsane Alizza.

Fin septembre, quatre bonbonnes de gaz sont retrouvées dans un immeuble du XVIe arrondissement de Paris. Equipées d’un dispositif de mis à feu, elles sont désamorcées par les démineurs avant d'exploser. La police retrouve rapidement la trace des hommes derrière cet attentat raté et depuis, trois individus ont été mis en examen pour tentative d’assassinat en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste. 


Mais le profil de l’un d’eux, Amine A. intrigue les enquêteurs, révèle ce dimanche Le Parisien. Le nom de cet homme, fiché S, était apparu dans le dossier Forsane Alizza. Ce groupuscule d’islamistes radicaux avait été repéré en raison d’un prosélytisme particulièrement virulent sur Internet. Considéré comme potentiellement dangereux, il avait été dissout en 2012. Son leader, Mohammed Achamlane, soupçonné de préparer des actions violentes, avait été condamné en 2015 à neuf ans de prison ferme pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. 


Il s’avère qu’Amine. A fréquentait Mohammed Achamlane. Considéré comme "proche de la mouvance islamiste radicale", il avait été placé en garde à vue en 2013 pour déterminer sa réelle proximité avec Forsane Alizza. Mais les enquêteurs décident finalement de ne pas l’inculper en raison d’une troublante collaboration. 

Il était surnommé "le gendarme"

Quelques années plus tôt, ce natif de l’Essonne avait tenté de devenir gendarme mais avait été recalé en raison de son passé de petit délinquant. Ce qui n'aurait toutefois pas mis fin à son désir de porter l'uniforme. Lors de sa garde à vue, il jure ne pas être radicalisé et prétend avoir infiltré ce groupuscule islamiste afin d’informer la gendarmerie sur leur degré de dangerosité. "Je me dis qu’en fournissant des informations sur le groupe Forsane Alizza, cela pourrait me permettre de faire pencher la balance de mon côté et ainsi équilibrer mon passé judiciaire", dit-il aux policiers qui l’interrogent. 


Ces derniers vérifient ses dires auprès de la gendarmerie et constatent qu’en effet, le jeune homme avait bien mené des démarches pour signaler l’existence du site Forsane Alizza, explique Le Parisien. Pour faciliter son infiltration, Amine A. assure même s’être présenté auprès de Mohammed Achamlane comme gendarme ayant épousé la cause islamiste, susceptible de lui fournir des informations confidentielles. Ce qui lui vaudra d'être logiquement surnommé  le "gendarme", comme l'indique sa fiche de renseignement.


Le scenario d’une infiltration tenant debout, Amine A. ne sera finalement jamais jugé dans ce dossier. Par la suite, il restera relativement discret. Il est seulement condamné en janvier 2016 à deux mois de prison avec sursis pour une affaire de rébellion. Et les services de renseignement auraient presque pu l’oublier s’il ne s’était finalement pas retrouvé au centre de l’enquête sur les bonbonnes de gaz. Un projet d'attentat qui me manque décidement pas de zones d'ombres.

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Attentat manqué aux bonbonnes de gaz à Paris

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