Bordeaux : une épicerie ouvre certains jours aux hommes, d'autres aux femmes

Bordeaux : une épicerie ouvre certains jours aux hommes, d'autres aux femmes

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POLEMIQUE – Le gérant d'une épicerie musulmane a instauré des jours d'ouverture différents pour les hommes et pour les femmes, afin que les deux clientèles ne se croisent pas. Face à la polémique suscitée, l'affiche a été retirée mais les autorités ont décidé de saisir la justice.

Les lundi, mardi, mercredi et vendredi pour "les frères". Les samedi et dimanche, pour "les soeurs". C'est par un simple bout de papier écrit à la main que la polémique est né lundi à Bordeaux. Le gérant de l'épicerie musulmane De l'Orient à l'Occident a décidé d'instaurer des jours d'ouverture pour les hommes et d'autres pour les femmes. Une pratique discriminatoire punie par la loi.

Le magasin est situé dans le quartier populaire de Saint-Michel. A sa tête, un couple de jeune gens nouvellement convertis à l'Islam. Le propriétaire, Jean-Baptiste Michalon, âgé de 24 ans, assure qu'il ne savait pas que "c'était interdit par la loi". Pour lui, cette répartition par sexe est un service rendu à ses clients. "Nous avions mis cela en place à la demande des 'soeurs', qui préféraient quand ma femme est derrière le comptoir (...) C'est un magasin où il y a des vêtements", se justifie-t-il, expliquant que parler de discrimination le choque.

La pancarte retirée

"Cela s'adressait à un public averti, qui sait que notre pratique de la religion n'autorise pas la mixité", poursuit le gérant, qui même pour les autorités religieuses fait preuve d'une interprétation toute personnelle des textes. "On n'a jamais vu ça même à l'époque du prophète, confie Tareq Oubrou, imam à Bordeaux, au journal Sud-Ouest . Les marchés étaient mixtes. Ça me paraît un peu bizarre dans un monde où la mixité est une culture établie."

Face à la multiplication des réactions d'indignation, Jean-Baptiste Michalon a décidé de retirer la pancarte. Pas de quoi éteindre le feu pour autant.

Alain Juppé en appelle aux "autorités compétentes"

Alerté, Alain Juppé, a vivement réagi par voie de communiqué . "Je condamne fermement un comportement en totale contradiction avec les règles républicaines d'égalité et de mixité", indique le maire de la ville. Ce dernier en a même appelé aux "autorités compétentes" pour qu'elles se saisissent du dossier "afin de faire cesser de telles pratiques discriminatoires et d’appliquer les mesures que prévoit la loi en de telles circonstances."

En fin de journée, la préfecture de Gironde a condamné fermement cette pratique. "Je souhaite que la justice s'en saisisse immédiatement et en tire les conséquences si les faits sont avérés", indique Pierre Dartout, le préfet, dans un communiqué. Pour ce genre de discrimination, qui relève du code pénal, le couple de gérant encourt jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

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